Rougeole: les mesures prises dans les écoles sont insuffisantes, selon un expert

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Dans une école. ©DR

Pour le chercheur en politiques de santé Tayeb Hamdi, les mesures prises par le ministère de l’Education nationale pour lutter contre la propagation de la rougeole dans les écoles sont « essentielles, nécessaires et vitales », mais elles demeurent insuffisantes.

Face à l’épidémie de rougeole, le ministère de l’Éducation nationale a pris une série de mesures urgentes entrant en vigueur à partir de ce lundi 3 février, dont notamment une campagne de vaccination et de dépistage, l’exclusion des élèves atteints ainsi que la fermeture d’écoles. Selon Dr Tayeb Hamdi, «ces mesures sont essentielles, nécessaires et vitales, mais elles demeurent insuffisantes».

Le médecin et chercheur en politiques de santé explique que le risque épidémique augmente après les déplacements durant les vacances scolaires, et l’épidémie qui se développe menace non seulement la santé et la vie des individus, mais aussi le système scolaire, l’économie et les enjeux sociaux du pays. Ainsi, «sans atteindre l’immunité collective, un retour à la normale sera impossible», souligne-t-il.

Dr Hamdi alerte également sur le risque d’apparition d’autres maladies infantiles, insistant sur la nécessité de mener des enquêtes pour comprendre le relâchement de la surveillance des maladies infantiles, la vaccination et l’hésitation des parents face à la vaccination.

Par ailleurs, la reprise des cours après les vacances scolaires risque de raviver l’épidémie de rougeole au Maroc, met en garde l’expert. «Après une dizaine de jours d’écoles fermées, l’épidémie ralentira pendant deux à trois semaines, mais reprendra en raison du faible taux d’immunité collective. En raison des déplacements sociaux, des voyages et des rencontres familiales pendant les vacances, la maladie prendra de l’ampleur. Les écoliers joueront un rôle majeur dans la transmission de la maladie aux autres groupes de la population

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La rougeole est une maladie extrêmement contagieuse et grave, mais elle reste évitable grâce à la vaccination. Toutefois, son impact sur les efforts du Maroc en matière de santé et sur les enjeux présents et futurs pour le pays est considérable, observe Dr Hamdi. Des campagnes de rattrapage vaccinal pour tous les élèves et les enfants de moins de 18 ans sont donc indispensables pour atteindre un taux d’immunité de 95% contre cette maladie, souligne-t-il.

Autres mesures à prendre

Il faut également reprendre et intensifier le rattrapage vaccinal contre d’autres maladies infantiles. En effet, la baisse du taux de vaccination ne concerne pas seulement la rougeole, mais aussi d’autres vaccins essentiels du calendrier vaccinal, augmentant ainsi le risque de réémergence d’autres maladies telles que la coqueluche, la diphtérie ou la poliomyélite, élabore Dr Hamdi.

Une autre priorité est de sensibiliser les adultes nés après 1980, qui ne sont pas complètement vaccinés et n’ont jamais contracté la rougeole, à se faire vacciner, particulièrement les groupes à risque. Idem pour l’instauration de l’obligation vaccinale contre les maladies infantiles mortelles pour lesquelles les vaccins ont montré des taux d’efficacité et de sécurité très élevés.

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Dr Hamdi évoque aussi l’urgence de mener des enquêtes et des audits au sein du ministère de la Santé et de la Protection sociale pour identifier les causes profondes de cette situation. Car l’impact de la pandémie de Covid-19 et l’hésitation vaccinale des parents ne suffisent pas à expliquer à elles seules la baisse de la couverture vaccinale.

Ces enquêtes devraient alors examiner le relâchement de l’offre vaccinale par les services concernés, la pénurie de ressources humaines, les grèves et arrêts de travail, ainsi que le manque de motivation des professionnels de santé. S’y ajoute, enfin, l’urgence d’une étude pour comprendre les causes profondes de l’hésitation vaccinale afin de mieux cibler les campagnes d’information, de sensibilisation et de rattrapage vaccinal. « Cette hésitation est d’autant plus inquiétante dans un pays qui a longtemps été un modèle mondial en matière de vaccination infantile« , conclut le médecin.

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