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Sebta : reprise des traversées à la nage de migrants, dont des mineurs
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La ville de Sebta a connu, le week-end dernier, un important dispositif de sécurité après l’enregistrement de plusieurs tentatives d’entrée irrégulière de migrants, dont des mineurs, qui ont essayé de rejoindre les plages de l’enclave espagnole à la nage depuis les côtes marocaines voisines, notamment depuis Fnideq.
Selon des médias espagnols, ces tentatives se sont produites de manière collective et à des intervalles rapprochés. Les candidats à la migration auraient profité de l’affluence estivale sur les plages ainsi que des conditions météorologiques favorables pour tenter la traversée. Face à cette situation, la Garde civile espagnole a renforcé la surveillance maritime et multiplié les interventions afin de contenir ces mouvements. Les experts marocains des questions migratoires mettent en garde contre une possible instrumentalisation politique du dossier des mineurs tentant de rejoindre Sebta et Melilla au cours de l’été.
Abdelhamid Jmour, chercheur spécialisé dans les dynamiques démographiques et le développement Sud-Sud, ainsi que membre du Centre international pour la sécurité, la migration et le développement, estime que la migration des mineurs vers les deux enclaves espagnoles doit être analysée sous deux angles complémentaires. D’une part, il existe une réalité objective marquée par la persistance des flux migratoires ; d’autre part, une dimension politique et médiatique qui alimente les débats autour de la gestion régionale de la migration.
Une réalité sociale complexe et durable
D’un point de vue scientifique, l’expert souligne que la migration des mineurs ne constitue pas un phénomène ponctuel, mais une réalité sociale complexe influencée par des facteurs économiques, sociaux, culturels et psychologiques. Selon lui, la décision de migrer ne s’explique pas uniquement par la pauvreté, mais aussi par une véritable « culture de la migration » et un imaginaire collectif qui associe l’émigration à une forme d’ascension sociale.
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Jmour ajoute que cette problématique présente également une dimension géostratégique particulière. La proximité géographique avec l’Europe nourrit chez de nombreux jeunes l’idée qu’une intégration rapide dans un espace perçu comme plus favorable est possible.
Le rôle amplificateur des réseaux sociaux
Il souligne par ailleurs le rôle croissant des réseaux sociaux dans la construction des représentations liées à la migration. Les images et vidéos diffusées en ligne mettent souvent en avant des exemples de réussite et de consommation en Europe, tout en occultant les difficultés juridiques, sociales et psychologiques auxquelles sont confrontés les migrants.
Pour sa part, Abdelrafii Talidi, universitaire marocain installé en Espagne, rappelle que les tentatives de migration irrégulière se produisent tout au long de l’année. Toutefois, elles ont tendance à augmenter durant la période estivale en raison de conditions maritimes plus clémentes. L’universitaire estime néanmoins que certaines forces politiques cherchent à exploiter cette question à des fins électorales, notamment à l’approche des prochaines échéances en Espagne.
Un phénomène permanent mais fluctuant
Il insiste sur le fait que la migration ne pourra jamais être totalement éradiquée et qu’elle demeurera un phénomène permanent. En revanche, son intensité varie selon les saisons et les conditions météorologiques. Lorsque la mer est agitée, les tentatives diminuent en raison des risques plus élevés. À l’inverse, le calme de la mer en été encourage davantage de personnes à tenter leur chance vers Sebra ou d’autres destinations. En conclusion, Talidi considère que le dossier migratoire continue d’être utilisé dans le débat politique espagnol, certaines formations n’hésitant pas à s’en servir comme levier électoral pour mobiliser l’opinion publique.
