À Casablanca, la prolifération des chiens errants inquiète les habitants

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Le décès d’un jeune homme, probablement causé par une infection à la rage à Errahma, dans la région de Casablanca, a suscité de vives inquiétudes des habitants de la capitale économique et de ses environs.

Les habitants de Casablanca et ses régions s’inquiètent de plus en plus face au phénomène de prolifération des chiens errants dans plusieurs rues et boulevards de la ville. Des incidents récents ont même semé la panique des riverains.

Le chiens errants envahissent différents quartiers et rues, ainsi que sur les ronds-points, posant un danger pour les passants, en particulier les enfants.

Plusieurs organisations civiles ont tiré la sonnette d’alarme, demandant aux autorités de prendre des mesures pour mettre fin à ce fléau notamment en créant des espaces dédiés pour les chiens abandonnés et en procédant à leur stérilisation afin de limiter leur reproduction. Et elles dénoncent aussi les méthodes d’extermination adoptées par certaines municipalités dans de nombreuses régions du pays. Des méthodes que ces ONG qualifient d’agression envers les animaux, sans garantie de résultats.

Lire aussi: Des meutes de chiens errants agressent les citoyens à Tanger (vidéo)

Contactée par H24info, la présidente de l’Association Marocaine de gestion des chiens errants (AMGCE), Mariem Alaoui, a précisé que « tant que les autorités continuent de recourir aux méthodes anciennes, notamment l’abattage ou la suppression des chiens de manière générale, il faut s’attendre aux mêmes résultats, ainsi qu’à la répétition d’incidents similaires. Si nous voulons arriver à de bons résultats, il est nécessaire de faire preuve de lucidité et de ne pas persister avec des techniques obsolètes qui ont démontré leur inefficacité pour éradiquer la rage et la prolifération des chiens errants. Or, force est de constater que, malgré le grand nombre d’annonces faites, rien n’est fait dans ce sens, pas de TNVR et pas de campagne de vaccination, au grand malheur des citoyens qui continuent et continueront à en subir les conséquences ».

La présidente de l’association a souligné que « plus emblématique encore, de nombreux citoyens ont mis en place leurs barrières sanitaires par leurs propres moyens et en sont très satisfaits. Mais le problème est qu’ils constatent les captures de ces chiens avec boucle, et ce, par des entreprises mandatées par la commune qui opèrent en présence des autorités locales« .

Or, ces ramassages sont préjudiciables pour ces citoyens, car ils les exposent à de nouveaux dangers, notamment la venue de nouveaux chiens, générateurs de prolifération et potentiellement porteurs de maladies (zoonoses dont la rage), alors même qu’ils étaient jusque-là protégés par leur barrière (chiens traités TNVR), a-t-elle expliqué.

« Plutôt que de se demander si le Maroc mettra enfin en œuvre la convention TNVR (Trap-Neuter-Vaccinate-Return) approuvée par le ministère de l’Intérieur comme solution durable à la prolifération des chiens errants et à la lutte contre la rage, il serait plus d’actualité de se questionner sur la volonté de l’État d’autoriser ou non les citoyens à appliquer cette solution eux-mêmes, dans leurs quartiers », s’indigne un citoyen.

Aujourd’hui, les Casablancais s’interrogent sur l’absence de directives claires à ce sujet. D’autres redoutent que les animaux, une fois identifiés, soient capturés et supprimés.

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