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Bac régional: un sujet sur la femme «faite pour le mariage et les enfants» déclenche la polémique
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Une formulation glissée dans un sujet de l’examen régional unifié du 1er juin 2026 a provoqué une vive indignation au Maroc. Dans une lettre ouverte au ministère de l’Éducation nationale, des dizaines de personnalités et d’associations dénoncent la présence dans une épreuve officielle de la première année du baccalauréat d’une interrogation laissant entendre que la femme serait «faite juste pour se marier et faire des enfants».
Tous les sujets d’examen sont, en théorie, relus et validés par des équipes d’inspecteurs et de professeurs spécialisés, sous la responsabilité directe du ministre. Les signataires s’interrogent alors comment une telle formulation a pu franchir tous les niveaux de validation pour atterrir entre les mains des lycéens et lycéennes.
Ils refusent d’y voir une simple maladresse rédactionnelle ou un exercice d’argumentation maladroitement formulé. «Les mots choisis dans un examen national ou régional ne sont jamais neutres. Ils véhiculent une vision du monde. Et celle-ci est profondément problématique», soulignent-t-ils.
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Ce qui choque le plus, c’est le contexte: un examen officiel, passé par des adolescents en pleine construction identitaire. «À travers ce sujet, ce sont des milliers de jeunes filles à qui l’on envoie un message insidieux: leur horizon pourrait se limiter à ce que d’autres décideraient pour elles», dénonce la lettre.
Pour les signataires, présenter une telle idée comme une opinion ordinaire à discuter revient ainsi à «banaliser un imaginaire patriarcal qui a longtemps servi à exclure les femmes de l’éducation, du savoir, de la décision et de l’espace public».

Une indignation qui dépasse les cercles militants
L’indignation dépasse les cercles militants. La lettre ouverte rassemble en effet une quarantaine de signataires aux profils variés, des militantes féministes comme Nouzha Skalli et Amina Lotfi au réalisateur Nour-Eddine Lakhmari, en passant par la sociologue Soumaya Naamane Guessous, le leader politique Nabil Benabdallah, ou encore des journalistes, artistes, chefs d’entreprise et directeurs de médias. Huit associations ont également signé.
Leurs exigences sont claires: une vigilance renforcée dans l’élaboration des sujets, une relecture systématique sous l’angle de l’égalité et une pleine assomption des responsabilités politiques. «Notre indignation n’est pas excessive. Elle est à la hauteur de l’exigence de justice», dit la lettre.
Et de conclure: «Une société qui interroge encore la liberté des femmes révèle moins ce qu’elle pense d’elles que ce qu’elle refuse encore d’abandonner — les vieux réflexes patriarcaux.»
