Casablanca: première condamnation dans l’affaire des otages marocains au Myanmar

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Trois Marocains séquestrés au Laos rapatriés, trois autres du groupe de Myanmar attendent à Bangkok
Sit-in des familles des séquestrés au Myanmar devant le ministère des Affaires étrangères © DR.

Un homme a été condamné à cinq ans de prison en rapport avec l’affaire des dizaines de Marocains séquestrés au Myanmar qui a défrayé la chronique l’année dernière.

Un tribunal de Casablanca a condamné mardi un homme à cinq ans de prison pour traite d’êtres humains, rapporte l’agence américaine Associated Press (AP). Nabil Moafik était accusé d’avoir recruté plusieurs concitoyens pour travailler dans un «centre d’arnaques» en Asie. Ces jeunes ont été attirés par une offre d’emploi en ligne promettant un bon salaire en Thaïlande. Mais une fois sur place, ils ont été victimes de traite vers le Myanmar, contraints de participer à des activités d’escroquerie et de fraude en ligne.

Selon la même source, le Ministère public a expliqué que Moafik gérait un groupe Facebook destiné à aider les immigrés marocains à s’installer en Turquie. C’est sur cette page qu’il aurait publié une annonce proposant un emploi dans un centre d’appels en Thaïlande.

Un homme, Youssef Amzouz, a répondu à cette annonce. Il a ensuite été mis en contact avec un autre Marocain chargé du recrutement, qui l’a interviewé et lui a envoyé de l’argent pour acheter un billet d’avion pour la Malaisie. Moafik a ensuite présenté Amzouz à un autre Marocain, qui lui a réclamé soit le paiement d’une rançon, soit le recrutement de 100 autres personnes pour obtenir sa libération.

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Moafik a nié les accusations, qualifiant la traite humaine de «crime contre l’humanité» qu’il n’aurait jamais commis. Il a déclaré qu’il n’était qu’un intermédiaire pour l’emploi: «Je touchais entre 21 $ et 107 $ pour chaque personne recrutée», a-t-il dit, assurant qu’il «ne savait pas que tout cela allait arriver.» Le procureur a toutefois affirmé que Moafik cherchait à tirer profit du commerce d’êtres humains, le qualifiant «d’élément essentiel du crime de traite».

Des victimes présentes à l’audience ont déclaré à l’AP avoir été témoins d’actes de torture et d’autres traitements dégradants dans les centres du Myanmar. Certaines ont affirmé avoir pu être libérées après avoir payé une rançon en cryptomonnaie, selon des documents judiciaires fournis par leurs avocats.

Il s’agit du premier jugement du genre au Royaume contre une personne accusée d’avoir recruté des individus pour les envoyer travailler dans un «centre d’arnaques» en Asie. Selon l’ONU, environ 120.000 personnes sont piégées dans des «centres d’arnaques», et des poursuites sont engagées dans plusieurs pays pour lutter contre ce trafic. Plusieurs dossiers similaires sont actuellement en cours devant les tribunaux du Royaume.

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