L'Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) a lancé un…
Éducation : les filles perdent du terrain en mathématiques, selon l’Unesco
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Les filles prennent à nouveau du retard en mathématiques creusant l’écart entre les genres qui s’était pourtant réduit ces dernières années, a alerté l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) dans une nouvelle étude.
« Bien que l’on constate depuis longtemps des écarts de genre en mathématiques, les résultats les plus récents montrent une nouvelle augmentation de la part des systèmes éducatifs où les garçons surpassent les filles », déplore l’organisation onusienne dans cette étude intitulée « les filles perdent du terrain : l’écart entre les genres se creuse en mathématiques ».
Pour l’Unesco, cette tendance, particulièrement marquée à la fin de la primaire tout en se poursuivant dans le premier cycle du secondaire, est d’autant plus « préoccupante » que les mathématiques sont fondamentales pour l’apprentissage dans toutes les disciplines scolaires et essentielles pour accéder aux carrières STIM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques), secteurs « au cœur de l’innovation, du progrès technologique, de la croissance inclusive et du développement durable ».
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Seulement 36 % des diplômés en STIM sont des femmes, un chiffre en stagnation au cours de la dernière décennie, et les femmes restent largement sous-représentées dans ces carrières, relève l’organisation onusienne, dont l’étude analyse l’évolution des écarts de genre en mathématiques entre 1995 et 2023, en quatrième et en huitième année de scolarité, parmi les élèves les moins performants que parmi les plus performants. Elle se concentre sur des systèmes éducatifs comparables dans le temps, couvrant 47 systèmes au niveau primaire et 38 au niveau du premier cycle du secondaire.
Il ressort de cette analyse, corédigée avec l’Association internationale pour l’évaluation de la réussite éducative (IEA), que 81 % des systèmes éducatifs étudiés présentaient en 2023 un écart significatif en mathématiques en faveur des garçons en quatrième année, contre 52 % en 2019 et 39 % en 2015.
En outre, 21 % des systèmes éducatifs enregistrent une proportion significativement plus élevée de filles en quatrième année n’atteignant pas le seuil international minimal en mathématiques, contre 4 % en 2019 et 2 % en 2015, tandis que 85 % des systèmes éducatifs montrent un avantage significatif des garçons pour atteindre le niveau international avancé en mathématiques en quatrième année, relève le document.
Le rapport met en avant des différences dans les expériences d’apprentissage plutôt que dans les capacités, notant que ces différences sont influencées par divers facteurs, notamment « les stéréotypes de genre persistants », « les attentes des enseignants » et « les interactions en classe».
Les filles déclarent souvent avoir moins confiance dans leurs compétences en mathématiques, ce qui affecte leur implication, leur participation et leur persévérance dans cette discipline, d’après ses auteurs qui estiment que cela est étroitement lié à la perception qu’elles ont de leurs capacités ainsi qu’à leur participation aux activités mathématiques, à l’école comme en dehors.
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À leurs yeux, ces facteurs combinés influencent la manière dont filles et garçons s’investissent dans les mathématiques au fil du temps, façonnant leur confiance et leurs trajectoires.
Pour remédier à cette situation, l’Unesco appelle à l’action qui « doit commencer tôt et être mieux ciblée », insistant que les systèmes éducatifs doivent réévaluer l’efficacité de leurs stratégies en matière d’égalité de genre, en particulier celles visant à soutenir les filles en mathématiques dès les premières années de scolarisation.
Parmi les priorités clés, le rapport évoque l’impératif de renforcer dès le plus jeune âge la confiance des filles dans leurs compétences en mathématiques, d’intégrer à la formation des enseignants des approches pédagogiques transformatrices axées sur le genre, de mener un suivi des progrès à l’aide de données ventilées par genre, et d’encourager des environnements familiaux et communautaires qui remettent en question les stéréotypes et soutiennent le potentiel des filles en mathématiques et dans les domaines STIM.
« Les réponses doivent être précoces, durables et adaptées, afin de lutter à la fois contre les difficultés émergentes et contre la sous-représentation persistante des filles parmi les élèves les plus performantes », conclut l’Unesco.
