A l'occasion du mois de Ramadan, le Maroc va repasser à l’heure légale GMT le…
GMT+1 au Maroc: plus de coûts que de gains? (analyse)
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Le maintien de l’heure GMT+1 toute l’année (à l’exception du mois de ramadan) coûte cher à la société marocaine sans que ses bénéfices économiques ne soient clairement établis, indique le Centre africain d’études stratégiques et numériques (CAESD) dans une note analytique publiée récemment.
Selon le think tan, si le fuseau horaire GMT+1 présente un avantage évident pour la synchronisation avec l’Europe, notamment pour l’offshoring et certaines exportations, aucune preuve empirique ne démontre qu’il entraîne une baisse durable de la consommation énergétique ou un gain global de productivité.
Estimant que la décision relève davantage d’une «logique d’opportunité économique» que d’une évaluation exhaustive de ses impacts sur la population, le centre appelle désormais à un «arbitrage souverain» basé sur une lecture complète des coûts et bénéfices réels.
Sommeil perturbé, écoles dans le noir et sentiment d’insécurité
Le CAESD pointe le décalage hivernal entre l’heure légale et l’heure solaire qui bouleverse les rythmes biologiques, dégrade la qualité du sommeil et affecte la vigilance matinale d’une large partie de la population.
En première ligne, l’analyse cite les élèves et adolescents, dont l’horloge biologique, naturellement plus tardive, entre frontalement en collision avec des horaires scolaires inadaptés. Ce qui cause une fatigue accrue, des retards multipliés, une hausse de l’absentéisme et une baisse des performances scolaires.
L’obscurité matinale aggrave le tableau. En plus d’épuiser les organismes, elle génère un sentiment d’insécurité tangible pour les élèves et salariés contraints de quitter leur domicile avant le lever du jour.
Avantage avec l’Europe, mais désavantage avec d’autres marchés majeurs
Sur le plan économique, le CAESD indique que si le gain d’une heure de travail commune avec le l’Europe facilite les échanges, il fait cependant perdre mécaniquement une heure de synchronisation avec Londres et New York, limitant les opportunités de diversification du Maroc vers ces places financières majeures.
De plus, avec la montée en puissance du numérique, de l’automatisation et de l’intelligence artificielle, la nécessité de travailler simultanément dans le même fuseau horaire s’érode progressivement. Un argument qui devrait peser lourd dans la balance.
Comment sortir de cette impasse?
Face à ce constat, le CAESD formule trois propositions concrètes. En premier, il exige la publication de l’étude gouvernementale réalisée en 2018 afin de permettre enfin un débat public transparent, ainsi que l’ouverture des bases statistiques sur la consommation énergétique et la sécurité routière.
Le think tank recommande également, à court terme, de reporter à 9h les horaires d’entrée des administrations et établissements scolaires durant l’hiver. Ce qui permettrait d’atténuer immédiatement l’impact sanitaire du décalage matinal.
Quant à la dernière recommandation, elle concerne le lancement d’une consultation nationale qui ne se limite pas à un simple sondage d’opinion sur le fuseau horaire préféré. Il devra s’agir d’une démarche scientifique intégrant des indicateurs précis comme la qualité du sommeil, les niveaux de fatigue, le taux d’absentéisme, les performances scolaires, ou encore les conditions de mobilité.
