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Noyades au Maroc: 14.040 cas, 49 morts et 21 disparus entre mai et mi-juillet
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La saison estivale s’accompagne une nouvelle fois d’un lourd bilan humain sur les plages et points d’eau du Maroc. Selon des statistiques publiées par la Direction générale de la Protection civile et relayées par la MAP, 14.040 cas de noyade ont été enregistrés dans le Royaume entre le 1er mai et le 15 juillet.
Chaque été, les plages marocaines deviennent le théâtre de drames humains liés à la baignade. En effet, parmi ces 14.040 cas recensés dans cette première moitié de l’été, 13.970 personnes ont pu être secourues à temps grâce à l’intervention des équipes de surveillance et de sauvetage. Toutefois, le bilan fait état de 49 décès et de 21 personnes portées disparues durant cette même période.
Zones surveillées vs zones non surveillées
Les chiffres révèlent une nette différence entre les plages sous surveillance et celles laissées sans contrôle.
· Zones surveillées : 16 décès et 3 disparitions.
· Zones non surveillées : 33 décès et 18 disparitions.
Ces données confirment l’importance cruciale des dispositifs de prévention et de sécurité déployés sur les plages surveillées, qui réduisent considérablement le risque de noyade. Elles illustrent également l’efficacité des dispositifs de sauvetage déployés par la Protection civile et les communes dans les zones encadrées. Là où les maîtres-nageurs, secouristes et équipes équipées sont présents, le risque mortel chute drastiquement. À l’inverse, les zones sauvages, souvent prisées par les jeunes ou les familles cherchant à éviter la foule, deviennent des pièges mortels.
Une hécatombe estivale qui se répète
Avec l’arrivée des grandes chaleurs et l’afflux massif de baigneurs vers les plages, la Protection civile appelle les estivants à respecter les consignes de sécurité, éviter les baignades en zones interdites ou dangereuses, et à redoubler de vigilance, en particulier pour les enfants et les personnes ne sachant pas nager.
Plusieurs facteurs expliquent cette hécatombe estivale :
- Imprudence et surestimation des capacités physiques
Beaucoup de victimes sont des jeunes qui bravent les interdits, se baignent en dehors des zones surveillées ou s’aventurent dans des eaux dangereuses sans mesurer les courants. - Absence de dispositifs de sécurité dans certaines plages
Malgré les efforts déployés, toutes les plages et rivières fréquentées par les estivants ne disposent pas de maîtres-nageurs ni de signalisation claire. - Manque de sensibilisation
La culture de la prévention reste faible : les baigneurs connaissent rarement les gestes élémentaires de sécurité, comme surveiller en permanence les enfants ou respecter les drapeaux de signalisation. - Facteurs sociaux
Les familles modestes, qui n’ont pas accès aux plages aménagées ou payantes, se tournent vers des zones sauvages ou non surveillées, accentuant les risques.
Les efforts de la Protection civile et des communes
La Protection civile déploie chaque année des milliers d’agents et de sauveteurs volontaires sur les plages les plus fréquentées. Ces derniers sont appuyés par des brigades de la Gendarmerie royale, de la Sûreté nationale et parfois de la Marine royale pour les opérations de recherche.
Les communes, de leur côté, investissent dans la signalisation (drapeaux rouges, jaunes, verts) et dans des équipements de premiers secours. Mais face à l’ampleur des flux estivaux – parfois plusieurs dizaines de milliers de baigneurs sur une seule plage en une journée – les moyens apparaissent souvent insuffisants.
Quelles solutions pour enrayer le fléau ?
Pour réduire durablement le nombre de noyades, plusieurs pistes sont mises en avant par les experts, notamment :
-Renforcement des campagnes de sensibilisation dans les écoles et à travers les médias pour inculquer dès le jeune âge les règles élémentaires de sécurité en mer.
-Extension des zones surveillées avec davantage de maîtres-nageurs qualifiés, y compris sur les plages secondaires.
-Encadrement strict des zones interdites avec une signalisation plus visible et des contrôles renforcés.
-Formation aux premiers secours pour le grand public, afin de réduire la gravité des accidents en attendant l’arrivée des secours.
-Partenariat public-privé pour équiper les plages de dispositifs modernes de sauvetage (jetskis, drones de surveillance, bouées connectées).
Un enjeu de santé publique
Les noyades ne sont pas de simples accidents saisonniers : elles constituent un enjeu de santé publique. Chaque vie perdue est un drame évitable. L’amélioration des infrastructures de sauvetage, combinée à une responsabilisation des baigneurs, est essentielle pour inverser la tendance.
À l’approche des pics de chaleur et de fréquentation estivale, la Protection civile appelle à une vigilance accrue, rappelant que la sécurité en mer est d’abord l’affaire de chacun.
