Projet de l’Avenue royale à Casablanca: la démolition de maisons dans la médina ne passe pas

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Démolition

Les autorités de Casablanca ont lancé une opération de démolition de plusieurs maisons menaçant ruine dans l’ancienne médina, afin de libérer la voie pour réaliser le plus vieux projet de la ville «l’Avenue Royale».

À Casablanca, plusieurs voix se sont élevées pour s’opposer à une décision de la commune de relancer le projet ancien de l’Avenue Royale. Ce projet qui remonte aux années 80, devrait relier le bord de la mer du côté de la Mosquée Hassan II au centre-ville de Casablanca. Dans ce sens, les autorités ont lancé une opération de démolition des maisons et constructions menaçant ruine dans l’ancienne médina. Débutée le 12 septembre, l’opération de démolition a été rapidement freinée.

En cause: le sort des habitants de plusieurs quartiers de l’ancienne médina reste incertain. Selon un recensement effectué au début de cette année, plus de 1 730 habitations menaçant ruine se trouvent dans le périmètre prévu pour l’Avenue Royale. L’évacuation s’est déroulée à un rythme relativement lent en raison de l’intervention de plusieurs parties et de la complexité du dossier lié à l’habitat menaçant ruine.

Dans une déclaration à H24info, le vice -président de la commune de Sidi Belyout, Jawad Rassam, a indiqué : «Nous soutenons la réalisation de ce grand projet visant à redonner vie à la médina, mais nous déplorons les conditions dans lesquelles cette décision a été prise, sans prendre en considération le contexte actuel ni les engagements des familles ayant des enfants scolarisés». Il appelle les autorités “à adopter une approche participative et à entamer un dialogue constructif avec les habitants et leurs représentants ».

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 Cette opération a suscité une grande indignation parmi les habitants, qui se considèrent comme des victimes du projet. Notre source nous révèle que ce chantier, annoncé depuis les années 1990, souffre d’une grande anarchie, ce qui a compliqué sa mise en œuvre.

“Aujourd’hui encore, ce dossier est toujours mal géré”, regrette-il. S’agissant des solutions, notre interlocuteur affirme que «les solutions sont là, les autorités doivent prendre du recul, prendre le temps de discuter avec les habitants, comprendre leurs revendications et mettre en place des solutions concrètes ainsi que des alternatives de logement décent».

Dans ce cadre, la plupart des habitants a rejeté une offre de 10 millions de centimes contre la recherche d’un appartement à acheter. Cette solution entre dans le cadre du programme de soutien au logement gouvernemental qui accorde un montant similaire, à condition que le reste soit couvert par les bénéficiaires.

Une résidente de la médina nous a également mentionné qu’une autre proposition faite à ces familles consiste à leur verser une aide pour un loyer de 9 000 dirhams. Cependant, plusieurs défis entourent cette décision, notamment l’éloignement, car ces familles sont profondément attachées à leur lieu de naissance et à leur vie dans l’ancienne médina. A noter que généralement les logements proposés se trouvent dans des quartiers éloignés du centre-ville.

Pour rappel, le projet de l’Avenue Royale de Casablanca est considéré comme l’un des projets culturels les plus importants au Maroc. Il vise à renouveler et faire revivre ce patrimoine historique, renforcer l’infrastructure de l’ancienne médina, dynamiser l’économie locale en créant de nouvelles opportunités d’emploi et en développant le secteur du tourisme.

 

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