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Soupçons de blanchiment d’argent: un casino marocain dans le collimateur de l’ANRF
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L’Autorité nationale du renseignement financier (ANRF) a récemment reçu une alerte émanant d’un grand casino concernant des soupçons de blanchiment d’argent dans ses salles de jeux et de paris.
Un groupe d’individus pariait des sommes conséquentes et a tenté de soudoyer un responsable afin de falsifier les gains issus des paris et du poker. Face à cette tentative de corruption, le responsable a immédiatement informé ses supérieurs, qui n’ont pas hésité à alerter l’ANRF, afin de mener une enquête approfondie sur ce groupe suspecté d’utiliser les casinos pour blanchir des fonds provenant d’activités illicites, rapporte le quotidien Assabah dans son édition de ce week-end.
Selon des sources bien informées, il est possible de blanchir des millions de dirhams en une seule journée en simulant des gains provenant des paris et des jeux de hasard, souvent en complicité avec certains propriétaires de casinos.
Ces pratiques sont devenues courantes dans certains casinos à l’étranger, mais les établissements au Maroc sont placés sous une surveillance stricte. En vertu de la loi, les responsables de ces casinos sont tenus de signaler toute suspicion de blanchiment d’argent sous peine de poursuites pénales.
Pratiques établies
Les détenteurs de fonds d’origine douteuse rémunèrent ces casinos avec des commissions dépassant les 10 % du montant total déposé, en échange de la possibilité de recevoir un reçu officiel stipulant que l’argent provient des paris ou des jeux de hasard après déduction de la commission.
Ces pratiques sont bien établies dans certaines structures à l’étranger, mais, au Maroc, elles sont soumises à un contrôle rigoureux. Toute transaction suspecte doit être signalée aux autorités compétentes, sous peine de sanctions sévères.
Le groupe soupçonné de blanchiment d’argent comprend à la fois des ressortissants marocains et étrangers. Ces derniers ont tenté de corrompre un responsable du casino, mais celui-ci a rejeté l’offre et a alerté la direction. La direction, à son tour, a informé l’ANRF, qui a ouvert une enquête en collaboration avec ses homologues internationaux pour obtenir des informations supplémentaires sur les étrangers impliqués.
Une opportunité pour les trafiquants
Selon les mêmes sources, des trafiquants de drogue et des individus disposant de fonds illégaux déposent de l’argent dans les casinos, pour le récupérer ensuite sous forme de gains issus des jeux de hasard. Cette méthode leur permet de légitimer leurs fonds, les casinos leur fournissant des documents officiels attestant que ces sommes proviennent de paris ou de jeux comme le poker.
Les fonds ainsi blanchis sont ensuite réintégrés dans l’économie légale et réinvestis au Maroc, après le paiement de commissions aux propriétaires de casinos, qui prélèvent une part du montant initial, étant donné que l’argent est préalablement déposé chez eux.
Blanchiment déguisé
Les premières investigations ont permis de découvrir que deux membres étrangers du groupe, suspectés de blanchiment d’argent, figurent sur des listes noires de régulateurs financiers dans leurs pays d’origine et présentent des antécédents de dossiers douteux. Ces informations viennent renforcer les soupçons des responsables de casinos quant à leurs activités illégales.
Selon les éléments recueillis, ces deux étrangers seraient impliqués dans un réseau international de blanchiment d’argent, tirant profit des gains obtenus dans les casinos pour réinvestir des fonds issus du trafic de drogue et d’autres activités illicites. Ces fonds sont ensuite réinjectés dans l’économie légale, notamment dans des projets immobiliers, tels que la construction de complexes résidentiels, ou dans des secteurs comme les cafés, restaurants et espaces récréatifs.
