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Tournage controversé à Tanger: un baiser en pleine rue s’invite devant la justice
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Le tournage d’une scène de baiser, jugée comme une «atteinte à la pudeur publique», sur la place du 9 Avril à Tanger a suscité une vive réaction au Maroc. Une plainte officielle a été déposée auprès du parquet général à Rabat.
Une vidéo montrant une scène de baiser filmée dans le cadre d’un tournage sur la place du 9 Avril à Tanger a suscité un vif débat sur les réseaux sociaux. Entre défense de la liberté artistique et dénonciation d’une atteinte aux mœurs, les avis restent partagés.
Loin des réseaux sociaux, l’affaire a atterri devant la justice. Le Centre de protection des droits sociaux et des stratégies de développement a en effet déposé le 26 juin une plainte officielle auprès du parquet général à Rabat.
Selon le centre, la scène controversée — un long baiser entre deux acteurs étrangers devant le drapeau marocain et dans un espace public très fréquenté — constitue une violation de la loi et une atteinte aux valeurs morales de la société marocaine.
Dans un communiqué, le centre souligne que les vidéos largement partagées sur les réseaux sociaux montrent que la scène a été répétée à plusieurs endroits de la place, et parfois sans présence visible d’une équipe de tournage, ce qui serait, selon lui, le signe d’une volonté délibérée de choquer l’opinion publique.
Et la même source de lier l’affaire à des « campagnes numériques organisées de diffamation » contre le Maroc, en lien avec ses succès diplomatiques sur la question du Sahara.
Sur le banc des accusés
L’organisation met en cause plusieurs parties, notamment le Centre cinématographique marocain (CCM) pour validation d’un scénario contenant des scènes contraires à l’éthique, la société de production, les acteurs, l’équipe technique et la commune de Tanger. Cette dernière est accusée de laxisme dans la surveillance des espaces publics, en raison de l’absence des forces de l’ordre pendant le tournage.
Les plaignants demandent l’ouverture d’une enquête approfondie pour identifier les responsabilités et appliquer les mesures légales qui s’imposent.
La liberté artistique mise en cause
En parallèle, le centre a adressé des plaintes au ministère de l’Intérieur, au ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, ainsi qu’au Conseil national des droits de l’Homme (CNDH). Il y alerte sur le danger d’un « processus de banalisation de comportements immoraux« , perçus comme une menace pour la stabilité morale et psychologique de la société.
Le communiqué conclut en affirmant que la liberté artistique ne saurait servir de prétexte pour légitimer la décadence ou l’atteinte aux symboles nationaux au nom de l’expression créative.
