La région de Moulay Abdellah, dans la province d'El Jadida, a été le théâtre d'un…
Viol collectif au Moussem Moulay Abdellah: les derniers développements
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Cinq personnes, dont des mineurs, ont été interpellées dans une enquête pour suspicion d’agression sexuelle sur un adolescent lors du Moussem de Moulay Abdellah Amghar. Les adultes sont placés en garde à vue, tandis que les mineurs sont sous contrôle judiciaire.
Les éléments de la Gendarmerie royale du Centre judiciaire d’El Jadida ont présenté, jeudi, cinq individus devant le parquet près la Cour d’appel de la ville. Ces derniers sont suspectés d’être impliqués dans une affaire d’«attentat à la pudeur sur mineur sous l’effet de drogues» survenue lors du Moussem de Moulay Abdellah Amghar.
Selon des sources proches du dossier, les interpellations se sont échelonnées de mardi à jeudi. Le groupe est composé à la fois d’adultes, placés en garde à vue, et de mineurs, qui ont été placés sous contrôle judiciaire.
La majorité des individus interpellés seraient originaires de la région de Marrakech-Safi. Chacun a été auditionné dans le cadre d’un rapport préliminaire avant d’être présenté à l’autorité judiciaire. Le procureur général près la Cour d’appel d’El Jadida a ensuite ordonné leur déferrement devant un juge d’instruction.
Examen médico-légal en présence de la mère
L’enquête a été ouverte suite à la plainte déposée par la mère d’un mineur, originaire de Youssoufia. Le jeune garçon, orphelin de père, avait assisté au festival annuel dans la province d’El Jadida. À son retour au domicile familial, il aurait rapporté à sa mère avoir été drogué puis victime d’un viol collectif.
El Jadida: le viol collectif d’un mineur secoue le Moussem de Moulay Abdellah
Sur réquisition du parquet, la victime de 13 ans a subi un examen médico-légal lundi dernier afin de constater d’éventuelles traces de violences et déterminer la présence de substances psychotropes dans son organisme. Cela s’est fait en présence de sa mère, conformément aux procédures applicables aux cas de victimes mineurs.
L’enquête, désormais menée sous l’égide d’un juge d’instruction, vise à établir les circonstances exactes de cet incident et à identifier précisément le rôle de chacun des suspects placés en garde à vue.
Mobilisation et mises en garde
L’affaire a suscité une vive condamnation de la part de la société civile et des citoyens. Dans un communiqué publié le 19 août, Touche pas à mon enfant a annoncé son intention de se constituer partie civile afin de « soutenir la victime et sa famille, et de suivre le dossier de près devant la justice jusqu’à ce que les coupables soient sanctionnés comme il se doit« .
L’association a également insisté sur la nécessité d’ »abolir les circonstances atténuantes dans les crimes de viol et d’agressions sexuelles contre les mineurs, d’adopter des peines sévères et exemplaires, mais aussi de garantir un accompagnement psychologique et social aux victimes et à leurs familles, et de mettre en place des programmes nationaux de sensibilisation et de prévention« .
De son côté, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a fait savoir dans une communication que dès le signalement du cas et l’orientation de la victime vers l’expertise médico-légale, elle a, sur instructions de sa présidente et avec l’implication de sa commission régionale de Casablanca-Settat, pris l’initiative d’entrer en contact avec le parquet et les services médicaux concernés.
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Des mécanismes internes de veille et de suivi ont été activés au niveau central et régional afin d’assurer un accompagnement attentif de ce dossier sensible, a-t-elle ajouté, réitérant son appel à redéfinir le viol afin d’inclure toutes les formes d’agressions sexuelles, indépendamment du sexe ou du lien entre victime et agresseur, et à renforcer les peines en cas d’infractions visant des mineurs.
Le CNDH a, par ailleurs, mis en garde contre certains dérapages médiatiques et numériques constatés, dénonçant la partage massif de vidéos prétendument liées à la jeune victime dans un cadre médical, alors qu’elles n’ont aucun lien avec cette affaire.
Et d’insistér sur la nécessité, pour la presse et les médias, de préserver la dignité et les droits des victimes mineures en évitant la divulgation de leur identité ou de leur image, et en respectant les normes professionnelles les plus strictes pour éviter toute victimisation secondaire.
