Sondage: une jeunesse marocaine instruite en manque d’opportunités

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Jeunesse marocaine, Afrobarometer

L’avenir de la jeunesse marocaine, et plus particulièrement des diplômés de l’enseignement supérieur, se dessine sur fond d’espoirs tenaces et de réalités complexes, selon un sondage d’Afrobarometer. 

L’avenir de la jeunesse marocaine, et particulièrement celle diplômée de l’enseignement supérieur, se dessine sur un fond d’espoirs persistants, mais confrontés à des réalités complexes. C’est ce que révèle la dixième enquête d’Afrobarometer au Maroc, menée en 2024. Ce sondage brosse le portrait d’une population qui, malgré un certain désabusement, conserve une détermination à agir pour améliorer son quotidien. Elle voit ainsi son destin osciller entre ambition et incertitude, portée par une volonté d’émancipation mais souvent freinée par des contraintes économiques et institutionnelles.

Comme il fallait s’y attendre, l’accès à un emploi stable et qualifiant demeure la principale préoccupation des jeunes diplômés. Pour les 18-35 ans, trouver un travail stable et adapté à leur niveau d’études est une priorité absolue. Pourtant, le constat est sombre : à peine un tiers d’entre eux (32 %) se dit satisfait de la santé économique du pays. Le chômage touche de plein fouet cette tranche d’âge, impactant plus d’un jeune sur trois (36 %), dont 55 % recherchent activement un poste. Cette profonde insatisfaction se reflète dans les résultats du sondage, où 69 % des jeunes interrogés considèrent l’emploi comme la question la plus importante à résoudre.

L’Émigration comme issue

Face à la rareté des opportunités professionnelles jugées à la hauteur de leurs qualifications, une majorité écrasante de jeunes diplômés envisage l’émigration comme une voie de salut. Les chiffres d’Afrobarometer sont éloquents : 70 % des jeunes (18-35 ans) ont déjà songé à quitter le pays, un pourcentage significativement supérieur à la moyenne nationale de 48 %. La motivation principale derrière cette aspiration est clairement économique, avec 59 % des jeunes citant la « recherche d’emploi » comme raison majeure de leur désir d’immigrer.

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Côté gouvernance, le bilan est tout aussi révélateur d’un désenchantement. Seuls 32 % des sondés font confiance au Parlement, 35 % au gouvernement, et un maigre 23 % seulement aux partis politiques. De plus, un quart des Marocains estime que le gouvernement rend « très peu » ou « pas du tout » de comptes à la population. Cette méfiance, cependant, ne rime pas avec une absence d’attentes. Au contraire, les jeunes diplômés réclament une gouvernance plus transparente, efficace et responsable. Ils aspirent à ce que les décideurs s’attaquent avec plus de vigueur aux problèmes socio-économiques et améliorent concrètement l’accès aux services essentiels.

Des priorités claires

Les attentes des jeunes diplômés envers l’État sont précises et orientées vers le bien-être collectif. L’amélioration des services publics est au cœur de leurs préoccupations. La fourniture des services d’éducation (61 %) et de santé (60 %) est jugée comme les deux services publics « les plus importants » à améliorer, juste après la gestion des infrastructures routières (40 %). Ces chiffres soulignent une conscience aiguë de l’importance d’un État social fort et performant pour garantir l’équité des chances et la qualité de vie.

En conclusion, l’enquête Afrobarometer dresse un portrait saisissant d’une jeunesse diplômée marocaine qui, bien que confrontée à des défis économiques persistants et à un certain désenchantement politique, demeure lucide et exigeante. Consciente des obstacles, elle affiche une volonté de participation accrue et attend des pouvoirs publics qu’ils traduisent ses préoccupations en mesures concrètes, essentielles pour un développement inclusif et durable.

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