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The Economist: le Maroc, premier État arabe à produire un système d’armes conçu en Israël
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Avec le lancement imminent d’une usine de fabrication de drones kamikazes SpyX, le Maroc va devenir le premier pays arabe à fabriquer une arme israélienne, relève la revue internationale The Economist.
Dans un article récent, The Economist indique que l’annonce, le 14 novembre, de la création d’une installation destinée à produire de petits drones tactiques offensifs de type « kamikaze » au Maroc n’a rien de surprenant, étant donné que le Royaume investit depuis longtemps dans la modernisation de ses forces armées avec ces munitions qui devraient dominer les champs de bataille de demain.
Une première dans le monde arabe
La véritable surprise réside dans l’identité du partenaire industriel. Il apparaît que le projet est mené en coopération avec une filiale du groupe industriel aéronautique israélien Israel Aerospace Industries (IAI), une première dans le monde arabe. L’analyse souligne que « c’est la première fois qu’un système d’armes conçu en Israël est fabriqué dans un pays arabe ».
Le Maroc ne fait pas exception
Ce développement s’inscrit dans un contexte de coopération militaire croissante depuis la reprise des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël en 2020 dans le cadre de l’accord tripartite Maroc-Etats-Unis-Israël signé dans la foulée des Accords d’Abraham. Au cours des dernières années, le Maroc a acquis des canons automoteurs israéliens auprès du groupe israélien Elbit Systems (36 pièces d’artillerie automotrice Atmos 2000), des systèmes de défense aérienne, un satellite d’espionnage ainsi que divers types de drones.
The Economist note que le Maroc n’est pas le seul dans cette dynamique : les Émirats arabes unis ont acheté deux systèmes de missiles israéliens, dont l’un est déjà déployé. Bahreïn utilise un radar israélien dans son système de défense côtière, et l’Indonésie — malgré son statut de pays musulman le plus peuplé — est également un client important de l’industrie de défense israélienne.
Pas que des drones et des systèmes de missilles
Bien qu’Israël ne publie pas tous les détails de ses exportations militaires, The Economist précise que depuis 2022, les rapports annuels du ministère de la Défense incluent une section dédiée aux « pays des Accords d’Abraham ». En 2024, les exportations militaires israéliennes vers ces pays ont atteint 1,7 milliard de dollars, soit 12 % du total de ses exportations de défense cette année-là.
La revue ajoute que les Accords d’Abraham n’ont pas seulement permis la vente de drones ou de systèmes de missiles, mais également d’outils offensifs plus sensibles. Par exemple, le logiciel espion Pegasus — extrêmement puissant — a été utilisé par les Émirats et Bahreïn pour infiltrer des téléphones d’opposants avant même la signature des accords, ainsi que par l’Arabie saoudite qui n’a pourtant pas de relations officielles avec Israël.
Les armes, un levier diplomatique important
Un responsable du ministère israélien de la Défense a déclaré à la revue que « les ventes d’armes constituent une forme puissante de diplomatie; elles prennent du temps à se concrétiser et maintiennent des relations durables avec les gouvernements grâce aux services de maintenance nécessaires ».
Lire aussi: BlueBird forme des techniciens marocains à la fabrication de drones kamikazes Spy-X
Un diplomate israélien récemment envoyé dans le Golfe a également expliqué qu’un des facteurs ayant permis aux Accords d’Abraham de résister à deux années de guerre à Gaza est que ces accords représentent « un investissement de ces États dans leur propre sécurité ». Les systèmes antimissiles israéliens avancés sont actuellement utilisés pour contrer les menaces de missiles iraniens visant également les pays du Golfe.
Une unité industrielle déjà en place
Selon Ronen Nadir, CEO de BlueBird Aero Systems, cité par le média Zona Militar, ce groupe israélien spécialisé dans les systèmes de défense avait déjà installé au Maroc, début 2024, « une unité industrielle ». Notons néanmoins que BlueBird, filiale d’IAI, est un important fournisseur de drones au Maroc, dont les modèles ThunderB-VTOL, WanderB ou encore SpyX, qui a fait l’objet d’un test réussi au Maroc. Le drone kamikaze a été utilisé avec succès pour attaquer un véhicule blindé.
Le Royaume compte également dans son impressionnante flotte de drones des Harop d’IAI ou encore des Harfang de Cassidian (co-entreprises entre Boeing et IAI).
