La Guardia civil a publié ce jeudi une vidéo à l’intérieur du tunnel qui serait…
Tunnel de Sebta: un député et des agents de sécurité impliqués dans un trafic international de haschich
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De nouveaux éléments explosifs viennent de surgir dans l’affaire du « tunnel de Ceuta », un réseau clandestin de trafic de haschich entre le Maroc et l’Espagne. La levée du secret de l’instruction par l’Audience nationale espagnole a permis à la presse ibérique de révéler des noms et des mécanismes jusque-là dissimulés.
Parmi les principaux accusés figure Mohamed Ali Duas, député de la formation Mouvement de la dignité et de la citoyenneté à Sebta. Il est soupçonné de diriger une organisation criminelle, de trafic de stupéfiants et de corruption de fonctionnaires publics. Son frère et son neveu sont également cités comme piliers du dispositif logistique et financier du réseau.
Tunnel clandestin et complicités policières
L’enquête dévoile une réunion-clé tenue le 8 décembre 2023, au cours de laquelle les membres du réseau auraient convenu de verser 10.000 euros à des agents de la Guardia Civil afin de faciliter le passage de cargaisons de haschich à travers les ports espagnols sans contrôle. Deux agents ont été placés en détention provisoire, tandis que deux autres sont toujours sous investigation.
Le tunnel secret, découvert sous une zone industrielle de Tarajal à Sebta, s’étend sur plus de 50 mètres et est équipé d’un système d’éclairage et d’évacuation sanitaire. Il servait de passage discret pour le transport de drogue, contournant les contrôles portuaires classiques.
Une infrastructure criminelle transfrontalière
Les rapports judiciaires soulignent que cette organisation criminelle disposait de moyens logistiques sophistiqués des deux côtés de la frontière, incluent des entrepôts et des camions de transport lourd. Les mêmes rapports font état de complicités au sein de la douane marocaine et de la Guardia Civil espagnole.
Ces éléments ont permis au réseau d’opérer avec une grande fluidité à travers les ports, notamment à Sebta occupée et Algésiras.
Plus inquiétant encore, les enquêteurs évoquent l’existence de deux réseaux parallèles opérant entre Sebta et le sud de l’Espagne, reliés par des canaux de communication sécurisés et des connivences policières, assurant un transit furtif de la drogue depuis le territoire marocain, selon les médias ibériques.
Enquête en cours, ramifications politiques
Si l’enquête se poursuit, cette affaire pourrait devenir un scandale politico-judiciaire majeur, tant les ramifications s’étendent au cœur des institutions locales de Sebta. L’implication d’un député, de membres de sa famille et de forces de l’ordre met en lumière les liens troubles entre pouvoir, criminalité et corruption dans ce point de passage stratégique entre l’Europe et l’Afrique.
