Algérie: Tebboune refuse de gracier Boualem Sansal

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L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal. ©AFP

Le président Abdelmadjid Tebboune a décidé de ne pas accorder la grâce présidentielle à l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, selon un communiqué de la présidence algérienne.

Dans un communiqué, la présidence algérienne a annoncé vendredi une grâce pour plusieurs milliers de personnes, précisant que seraient exclues de cette mesure les personnes « définitivement condamnées » pour toute une série d’infractions, dont l’atteinte à l’unité territoriale.

L’écrivain franco-algérien, emprisonné depuis le 16 novembre 2024, ne semble pas concerné.

Or Sansal, 80 ans, a été reconnu coupable d’atteinte à l’unité nationale et condamné à cinq ans de prison, un verdict confirmé mardi en appel.

La présidente du tribunal lui a signifié qu’il avait huit jours pour former un pourvoi en cassation.

Interrogé par l’AFP à ce sujet, le nouvel avocat français de l’écrivain, Pierre Cornut-Gentille, avait dit à l’issue de l’audience qu’il allait discuter avec son client de cette éventualité.

Lire aussi. Affaire Boualem Sansal: Paris regrette une condamnation « injustifiée »

Des proches, dont les deux filles de l’écrivain, avaient pourtant émis l’espoir qu’il soit gracié pour le 5 juillet, à l’occasion du 63e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie.

Le Premier ministre français François Bayrou avait lui aussi dit espérer « des mesures de grâce » présidentielle, en qualifiant sa situation « d’insupportable« .

M. Sansal, atteint d’un cancer de la prostate selon ses proches, avait été condamné en mars en première instance pour avoir notamment déclaré en octobre dernier au média français d’extrême droite Frontières que l’Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires appartenant jusque-là au Maroc, particulièrement les villes d’Oran et Mascara (ouest algérien).

Boualem Sansal fait l’objet d’une âpre lutte diplomatique entre l’Algérie et la France depuis son arrestation à son arrivée à Alger le 16 novembre dernier.

Cette affaire a envenimé une brouille entre Paris et Alger déclenchée en juillet 2024 par la reconnaissance par la France d’un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara.

La crise a été marquée par des expulsions de diplomates de part et d’autre et un gel de toutes les coopérations.

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