Crise Mali-Algérie: la CEDEAO se prononce

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Le chef de la junte malienne Assimi Goita et le président algérien Abdelmadjid Tebboune. ©DR

L’organisation économique sous-régionale a réagi mercredi à la crise diplomatique qui fait rage depuis quelques jours entre le Mali et l’Algérie, après la destruction d’un drone malien par l’armée du voisin de l’est.

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) appelle le Mali et l’Algérie, en pleine crise diplomatique depuis la semaine dernière, à la désescalade. Dans un communiqué datée du 9 avril, la Commission de l’organisation sous-régionale indique avoir suivi «avec inquiétude les récents développements qui ont affecté les relations» entre Bamako et Alger ces derniers jours.

Exprimant sa «profonde préoccupation» face à cette situation, la Commission lance, au nom des Etats membres de la CEDEAO, «un appel au Mali et à l’Algérie pour qu’ils désamorcent la tension, favorisent le dialogue et utilisent les mécanismes régionaux et continentaux pour régler les différends».

Escalade

Une crise diplomatique a éclaté la semaine dernière entre l’Algérie et le Mali après la destruction fin mars par l’armée algérienne d’un drone de son homologue malienne. Accusant son voisin du nord d’avoir abattu le drone en territoire malien, Bamako a décidé dimanche dernier de rappeler son ambassadeur en Algérie pour consultation. Ces alliés le Niger et Burkina Faso ont fait de même.

De son côté, Alger, «consternée» par les «graves accusations» portées par son voisin du sud et soutenant que le drone a violé son espace aérien, a réagi «avec réciprocité» en annonçant lundi le rappel de ses ambassadeurs au Mali et au Niger et en différant la prise de fonction de son nouvel ambassadeur au Burkina Faso.

Lire aussi. La crise s’enlise: le Mali ferme à son tour son espace aérien à l’Algérie

Les tensions se sont amplifiées lorsque le ministère de la Défense nationale de l’Algérie a annoncé lundi dans un communiqué qu’«en raison des violations répétées par l’État malien de notre espace aérien, le gouvernement algérien a décidé de fermer ce dernier à la navigation aérienne en provenance ou à destination de l’État malien, et ce à partir du (…) 7 avril 2025».

Bamako a réagi quelques heures après la décision d’Alger en annonçant qu’«en raison de la persistance du régime algérien à parrainer le terrorisme international et en guise de réciprocité l’espace aérien national est fermé à tous les aéronefs civils et militaires en partance ou à destination de l’Algérie» à compter de lundi dernier également.

«Etat terroriste»

Par ailleurs, des dizaines de jeunes ont manifesté mardi devant l’ambassade d’Algérie à Bamako. Les protestataires, réunis à l’initiative du du mouvement de la société civile « Sentinelle debout pour le Mali », ont scandé des slogans hostiles à l’Algérie, qualifiée d’«Etat terroriste» et «ingrat».

Les relations entre Bamako et Alger n’ont cessé de se dégrader ces dernières années, avec déjà un rappel réciproque d’ambassadeurs en décembre 2023 qui avait duré moins de deux mois. Le Mali reproche à Alger d’entretenir une «proximité avec les groupes terroristes», notamment dans la région frontalière, où l’armée malienne et ses alliés russes ont subi en juillet dernier de lourdes pertes face à une rébellion à majorité touareg.

En janvier 2024, la junte malienne avait annoncé la «fin, avec effet immédiat» de l’accord de paix d’Alger, signé en 2015, longtemps jugé essentiel pour stabiliser le pays.

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