Enlèvement d’Amir DZ: nouvelles révélations de la presse française

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Scandale d’État: l’enlèvement d’Amir DZ expose un réseau d’espionnage algérien en France
Le blogueur Amir DZ lors d'une manifestation contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, à Paris, en mars 2019. © DR

L’affaire d’enlèvement sur le sol français de l’opposant algérien Amir Boukhors, alias Amir DZ, commence à dévoiler quelques-uns de ses secrets. Selon les révélations exclusives de L’Express, les enquêteurs soupçonnent trois espions algériens d’avoir commandité et supervisé l’opération.

L’Affaire Amir DZ continue de secouer Paris avec des révélations sur un vaste réseau de renseignement orchestré par les services algériens. Le journaliste d’investigation et militant algérien Amir Boukhors, alias Amir DZ, a été la cible d’une opération clandestine planifiée par Alger pour le ramener de force au pays.

Dans un nouveau rebondissement, quatre hommes ont été mis en examen, vendredi 16 mai, pour l’avoir enlevé et séquestré du 29 avril au 1er mai 2024, a annoncé le parquet national antiterroriste (PNAT).

Le kidnapping d’Amir DZ planifié par Alger

Selon L’Express, l’opération, présentée comme un «kidnapping planifié par un État étranger», aurait été menée par des agents liés aux services de renseignement algériens avec le soutien de diplomates en poste à Paris.

D’après des informations du magazine, confirmés par deux sources proches du dossier, au moins un de ces individus est un gitan de la communauté des gens du voyage de Pontault-Combault (Seine-et-Marne). Amir Boukhors l’aurait formellement reconnu comme l’homme lui ayant passé les menottes, la nuit du rapt.

Les enquêteurs soupçonnent le pouvoir algérien d’avoir commandité cette opération, qualifiée d’«association de malfaiteurs terroriste» par le juge d’instruction, et d’en avoir confié l’exécution à des hommes de main. Ces «gros bras» n’auraient pas agi par idéologie mais contre une importante rémunération, selon la même source.

Un scénario digne d’un film d’espionnage

Les informations issues d’enquêtes judiciaires et sécuritaires françaises confirment qu’il ne s’agissait pas d’un acte isolé, mais bien d’une manœuvre structurée impliquant plusieurs niveaux de l’appareil d’État algérien. L’objectif: réduire au silence l’un des opposants les plus virulents du régime, condamné par contumace à 20 ans de prison en Algérie en 2023.

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Le juge d’instruction français a qualifié l’affaire d’acte de nature terroriste, invoquant l’usage de la menace, de la violence, et de l’intimidation contre un réfugié politique bénéficiant d’une protection sur le territoire français.

Le scénario est digne d’un film d’espionnage: des ravisseurs déguisés en policiers français arrêtent Amir DZ près de son domicile à Val-de-Marne, puis le conduisent à un entrepôt à Pontault-Combault où il est drogué au Zopiclone, un puissant somnifère. Il se réveille plus tard dans une forêt, libéré par deux femmes manipulées, qui pensaient avoir affaire à un trafiquant de drogue.

Diplomates, agents et mercenaires impliqués

L’enquête révèle trois cercles de responsabilité, à savoir des agents de l’État algérien, des  intermédiaires et des membres de groupes criminels.

Parmi les noms cités: S.R. et S.S., diplomates à l’ambassade d’Algérie à Paris, ainsi que H.B., vice-consul à Créteil. Ils auraient utilisé leur immunité diplomatique pour organiser la surveillance et le ciblage d’opposants politiques, tout en recrutant des informateurs français.

Un autre fait plus alarmant est que les renseignements algériens auraient infiltré des services sensibles français, notamment le ministère des Finances et l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), pour obtenir des données personnelles sur des réfugiés algériens. Une fuite massive qui met en cause la sécurité des personnes protégées par le droit d’asile en France.

Demande de mandat d’arrêt, silence d’Alger

L’enlèvement d’Amir DZ semble envoyer un message de terreur aux exilés politiques algériens en Europe: «Vous n’êtes hors de portée nulle part». Une stratégie de dissuasion qui n’est pas sans rappeler la tentative d’enlèvement de l’opposant Hichem Aboud à Barcelone en octobre 2024.

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L’avocat d’Amir DZ, Me Éric Plouvier, a déposé une demande de mandat d’arrêt international contre S.S., en fuite en Algérie depuis la fin de l’opération.

Du côté d’Alger, le silence est assourdissant. Le chef du renseignement extérieur, le général Rochdi Fethi Moussaoui, a nié toute implication, malgré sa promotion peu après l’affaire, ce qui renforce les soupçons d’implication étatique directe.

Un message glaçant aux dissidents

Cette affaire jette une lumière crue sur les pratiques extraterritoriales des services algériens, qui instrumentalisent la diplomatie à des fins de répression politique. Elle pose également la question de la viabilité de la coopération sécuritaire entre Paris et Alger, alors que les autorités françaises peinent à protéger les voix dissidentes réfugiées sur leur sol.

Commentant les récentes révélations de L’Express, le journaliste et dissident algérien Oualid Kébir a affirmé que «le cas d’Amir DZ (…) expose la fragilité de la sécurité et de la coopération diplomatique entre l’Algérie et la France, et tire la sonnette d’alarme sur la nécessité de protéger les exilés politiques de la brutalité des régimes oppressifs».

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