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France: extradé du Maroc, le chef du clan Yoda est placé en détention à Marseille
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Félix Bingui, chef présumé du clan Yoda, un des réseaux de narcotrafiquants à l’origine d’une sanglante guerre des gangs à Marseille en 2023, a été mis en examen et placé en détention provisoire vendredi soir à Marseille, ont annoncé le parquet et son avocat.
« Il a été mis en examen des chefs d’importation de stupéfiants en bande organisée, trafic de stupéfiants, blanchiment aggravé, non-justification de ressources et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime et de délits punis de 10 ans d’emprisonnement », a précisé dans un communiqué le procureur de Marseille, Nicolas Bessone.
« C’est dans un climat serein que tout cela s’est passé », a de son côté indiqué l’avocat de Bingui, Me Philippe Ohayon, confirmant une information initiale de BFMTV, avant de préciser que son client avait été placé à l’isolement.
Agé de 34 ans, celui que l’on surnomme « le Chat » avait fait toute sa « carrière » dans le trafic de drogue à Marseille. Il effectuait régulièrement des allers-retours au Maroc jusqu’au déclenchement, en février 2023, d’une « guerre » avec le gang rival de la DZ Mafia, moment à partir duquel il n’avait plus quitté ce pays du Maghreb.
Il y avait finalement été arrêté le 8 mars 2024, avant d’accepter son extradition lors d’une audience devant la Cour de cassation de Rabat et d’être officiellement extradé mercredi.
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« Il est soulagé d’être en France. Il va pouvoir s’expliquer sur les faits pour lesquels il est accusé », a ajouté Me Ohayon.
Dans un courrier envoyé jeudi au Conseil supérieur de la magistrature au sujet de la communication de Gérald Darmanin autour de cette extradition, notamment sur le réseau social X, Me Ohayon regrettait que le ministre de la Justice se soit prononcé « sur la responsabilité pénale d’un justiciable qui n’a pas encore été mis en examen », portant ainsi « atteinte aux principes de séparation des pouvoirs, d’indépendance de la justice et de présomption d’innocence ».
« S’il y a une personne en France qui ne doit pas se prononcer sur la culpabilité d’un justiciable, c’est bien le garde des Sceaux », a de nouveau déploré vendredi l’avocat.
Sur X lundi, le ministre de la Justice avait présenté M. Bingui comme « un des plus gros narcotrafiquants de notre pays », avant de l’accuser mercredi de « tentatives d’homicides en bande organisée » sur BFMTV. Un chef qui n’a donc pour l’instant pas été retenu par les juges d’instructions marseillais.
En communiquant ainsi sur cette extradition, le ministre aurait de même « détourné une communication institutionnelle à des fins de promotions personnelles », ce qui est « strictement prohibé », a ajouté l’avocat dans ce courrier au CSM.
En 2024, une violente guerre de territoires pour le contrôle des juteux points de deal marseillais – jusqu’à 80.000 euros de chiffre d’affaires quotidien pour certains – entre Yoda et la DZ Mafia avait ensanglanté la deuxième ville de France, avec le funeste record de 49 morts en 2023, dont quatre victimes collatérales.
En 2024, le nombre de ces narchomicides a été divisé par deux, avec 24 morts, en raison notamment de la fin de cette bataille, la DZ Mafia ayant pris le dessus sur le clan Yoda, comme l’a confirmé le procureur de Marseille.
