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France: l’Assemblée adopte un texte demandant la « libération immédiate » de Boualem Sansal
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L’Assemblée nationale française a largement adopté mardi une résolution appelant à la « libération immédiate » de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, et à subordonner au respect des « engagements internationaux en matière de droits humains » toute « coopération renforcée » entre l’Algérie et la France, et plus généralement l’Europe.
Le texte, sans valeur contraignante, a été adopté avec 307 voix contre 28 (et 4 abstentions). Cette résolution n’est « pas un acte de défiance ni un geste de provocation« , mais « un appel à l’humanité« , a défendu Constance Le Grip, membre de la majorité présidentielle et rapporteure du texte.
Elle « témoigne de l’engagement de la France et de sa représentation nationale« , a salué le ministre délégué chargé de l’Europe Benjamin Haddad.
Considérant qu’il a été porté atteinte au « droit à un procès équitable » de Boualem Sansal et invoquant sa santé -il est atteint d’un cancer – le texte exige sa « libération immédiate et inconditionnelle« .
Il condamne aussi « la détention en Algérie des personnes considérées comme »prisonniers d’opinion », notamment les militants, journalistes, blogueurs ou défenseurs des droits de l’homme« .
Plusieurs députés de gauche ont critiqué la formulation de certains paragraphes, jugés trop offensifs, et proposé de se cantonner à exiger la libération de l’écrivain.
Socialistes et écologistes ont toutefois voté pour. Les députés communistes se sont majoritairement abstenus, et le parti de gauche radicale La France Insoumise (LFI) a voté contre. Les autres groupes ont voté pour, dont l’extrême droite.
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Plusieurs députés LFI ont demandé dans l’hémicycle la libération de Sansal. « Nous combattons les idées de Boualem Sansal qui appuie et propage le fantasme réactionnaire du grand remplacement (…) mais un principe reste un principe« , a assuré Nathalie Oziol, invoquant les « libertés fondamentales« .
Mais le mouvement accuse le texte de remettre « en cause la poursuite de tout partenariat entre l’Algérie, la France et l’Europe » au risque de compromettre « toute possibilité d’obtenir la libération de Sansal« , et de « nourrir la surenchère médiatique et politique« .
Le texte invite notamment le gouvernement, la Commission européenne et le Conseil européen à subordonner « toute coopération renforcée avec l’Algérie » à « des avancées concrètes » sur l’Etat de droit et les « libertés fondamentales« .
Boualem Sansal, 80 ans, incarcéré depuis mi-novembre, a été condamné le 27 mars à cinq ans de prison notamment pour atteinte à l’intégrité du territoire pour des déclarations en octobre au média français d’extrême droite « Frontières », où il estimait que l’Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires appartenant jusque-là au Maroc. Il a fait appel.
