Frappes israéliennes sur l’Iran: un revers cuisant pour le « faiseur de paix » Trump

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Le président américain Donald Trump, à droite, rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 15 septembre 2020. © Alex Brandon/AP

Jeudi à la mi-journée, Donald Trump demandait à Israël de ne pas attaquer l’Iran pour laisser sa chance à la diplomatie. Quelques heures plus tard, les frappes israéliennes commençaient, un revers cuisant pour ce président qui se veut un « faiseur de paix ».

Le républicain de 78 ans finissait de serrer les mains pendant une réception en plein air à la Maison Blanche, tandis qu’un orchestre jouait le tube « YMCA » des Village People qu’il affectionne, quand les premières informations sur l’attaque israélienne ont commencé à tomber.

Ce n’est pas de lui, mais du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio qu’est venue la première réaction, neutre et concise, à l’opération déclenchée par leur allié y compris contre des sites nucléaires iraniens.

Le secrétaire d’Etat a indiqué qu’Israël avait dit aux Etats-Unis que frapper l’Iran était « nécessaire pour sa défense », précisé que Washington n’était pas impliqué dans l’attaque, et ajouté que la « priorité » du gouvernement américain était de protéger ses forces dans la région.

Quelques heures plus tard, la chaîne Fox News annonçait que le président lui avait dit avoir su en amont qu’Israël allait conduire des frappes en Iran et qu’il espérait toujours que les négociations reprendraient.

« L’Iran ne peut pas pas avoir la bombe nucléaire et nous espérons revenir à la table des négociations. Nous verrons », a-t-il déclaré au journaliste de la chaîne, Bret Baier.

« Il a souligné que les Etats-Unis étaient prêts à se défendre et à défendre Israël si l’Iran riposte », a précisé Fox News.

Le président réunira vendredi matin son conseil de sécurité nationale à la Maison Blanche.

« Cela ferait tout capoter »

Donald Trump, qui se présente volontiers en faiseur de « paix » là où son prédécesseur démocrate Joe Biden, grand soutien de l’Ukraine et d’Israël, aurait été selon lui un va-t-en guerre, avait reconnu publiquement jeudi que le scénario militaire était possible.

Il avait ainsi déclaré qu’une frappe israélienne contre l’Iran « pourrait très bien se produire » et que le risque d’un « conflit massif » au Moyen-Orient avait conduit les Etats-Unis à réduire leur personnel diplomatique dans la région, en Irak notamment.

Mais surtout, interrogé sur ses discussions avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Donald Trump avait répondu: « Je ne veux pas qu’ils interviennent, parce que je pense que cela ferait tout capoter ».

Il faisait référence aux discussions en cours avec les Iraniens sur leur programme nucléaire, dont un sixième cycle avait été annoncé pour dimanche, à Mascate sous médiation omanaise.

Donald Trump a même assuré être « proche d’un bon accord » avec l’Iran, disant que Téhéran allait devoir faire des concessions.

Qu’Israël ait attaqué malgré tout met à mal l’image de « faiseur de paix » que veut projeter le président américain.

« Nous mesurerons notre succès aux batailles que nous gagnerons, mais aussi aux guerres auxquelles nous mettrons fin et, c’est peut-être le plus important, aux guerres dans lesquelles nous ne nous lancerons pas », avait-il lancé dans son discours d’investiture.

Reste maintenant à savoir quelle sera l’implication américaine en cas de riposte iranienne.

En octobre 2024, Washington avait soutenu sans faillir Israël face à des tirs de missiles iraniens, et s’était activement impliqué pour calibrer la réplique israélienne qui avait suivi.

Le Moyen-Orient n’est pas le seul foyer que Donald Trump s’est jusqu’ici révélé incapable d’éteindre.

Il a promis, plusieurs fois, de faire cesser les hostilités en Ukraine, déclenchées par l’invasion russe de février 2022, dans des délais variables allant de vingt-quatre heures à deux semaines.

Rien de tel ne s’est produit. Et Donald Trump, après avoir d’abord rudoyé publiquement le président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche, a ensuite critiqué le président russe Vladimir Poutine, duquel il s’est activement rapproché et avec lequel il se flatte d’avoir une relation privilégiée.

Jeudi, il s’est dit « déçu » autant par l’Ukraine que par la Russie.

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