Le chef d'Etat-major de l'Armée nationale populaire algérienne, le Général Ahmed Gaïd Salah, est décédé…
Algérie: le général « Nasser El Djinn » fuit en Espagne à bord d’un canot de harragas
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L’évasion spectaculaire du général algérien Nasser El Djinn, de son vrai nom Abdelkader Haddad, vers les côtes espagnoles à bord d’un canot de migrants clandestins, a provoqué un véritable séisme sécuritaire en Algérie. La presse espagnole livre aujourd’hui de nouvelles révélations sur cette affaire explosive.
L’ex-homme fort du renseignement intérieur algérien, placé en résidence surveillée après son éviction surprise de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) en mai dernier, est considéré comme une véritable « boîte noire » dont l’ouverture hors des frontières inquiète fortement le régime algérien.
Alors que plusieurs voix dissidentes algériennes annonçaient une évasion vers le Maroc, le quotidien espagnol El Confidencial a révélé ce jeudi que le général s’est échappé plutôt vers Alicante, sur la Costa Blanca, au sud-est de l’Espagne. Et comment ? « Sur un canot de migrants clandestins ».
Le quotidien espagnol a qualifié cet épisode « d’évasion spectaculaire », confirmant que le général avait réussi, dans la nuit du 18 au 19 septembre, à échapper à la surveillance de ses gardes pour embarquer sur une embarcation rapide (go fast) depuis les côtes algériennes en direction de la Costa Blanca dans une scène rappelant les traversées des harragas.
Selon le journaliste espagnol Ignacio Cembrero, cet événement illustre clairement l’ampleur de la rivalité et des règlements de comptes au sein de la hiérarchie militaire algérienne. De son côté, le quotidien français Le Monde a relié cet épisode à un déploiement sécuritaire massif observé à Alger et dans ses environs aux mêmes dates, le qualifiant de «situation inédite depuis la décennie noire».
L’ancien patron de la surêté intérieure d’#Algérie (DGSI), le général Abdelkader Haddad, surnommé El Djinn (le diable), se joue de ses geôliers à Alger et s’enfuit à Alicante (#Espagne). Il déclare s’être évadé parce qu’il allait être assassiné. Cet épisode illustre les rivalités…
— Ignacio Cembrero (@icembrero) September 25, 2025
Toujours selon Le Monde, les autorités algériennes ont dressé des barrages policiers et militaires, fermé des axes routiers stratégiques et déployé des agents en civil pour des fouilles minutieuses, ce qui a paralysé la circulation pendant des heures. Des hélicoptères militaires ont également été aperçus, donnant l’image d’une véritable chasse à l’homme.
Nasser El Djinn, un proche de Tebboune de moins
Le général Abdelkader Haddad, à la tête du renseignement intérieur entre juillet 2024 et mai 2025, était considéré comme un proche du président Abdelmadjid Tebboune, et même comme l’un de ses principaux soutiens lors de sa réélection en septembre 2024. Mais sa mise à l’écart brutale a soulevé de nombreuses interrogations, compte tenu de sa proximité avec le sommet du pouvoir.
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D’abord emprisonné à la prison militaire de Blida, Nasser El Djinn avait ensuite été transféré à Béchar, avant d’être placé sous résidence surveillée stricte dans une villa de Dely Brahim, sur les hauteurs d’Alger. C’est de là qu’il a mystérieusement réussi à s’échapper, déclenchant un choc au cœur de l’État profond.
Retour en Espagne
Figure controversée, Nasser El Djinn a vu son nom associé à des dossiers sensibles de la « décennie noire », notamment des enlèvements et assassinats d’opposants, y compris à l’étranger. Il aurait également été impliqué dans des tentatives de neutralisation de l’opposant Hicham Aboud en Espagne et de l’activiste Amir Boukhors, alias « Amir DZ », en France.
Le général avait déjà trouvé refuge en Espagne après une précédente mise à l’écart, avant de revenir aux devants de la scène en reprenant la tête du renseignement intérieur suite à la mort de l’ex-chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah. Mais cette nouvelle fuite, par son timing et ses conditions, revêt une portée différente: elle traduit l’ampleur des fractures et rivalités internes au sein de l’armée algérienne qui ont déjà coûté leur poste à plusieurs généraux et responsables sécuritaires ces dernières années.
