Donald Trump s'est entretenu jeudi avec le président russe Vladimir Poutine et lui aurait demandé…
Guerre en Ukraine: l’appel entre Trump et Poutine «s’est bien passé»
Publié le
Le président américain, Donald Trump, et son homologue russe, Vladimir Poutine, se sont entretenus plus d’une heure et demie par téléphone ce mardi pour discuter d’un éventuel cessez-le-feu en Ukraine.
La conversation téléphonique entre les présidents russe et américain, Vladimir Poutine et Donald Trump, et qui portait notamment sur un projet américain de rêve en Ukraine, s’est achevée, a annoncé mardi le Kremlin, cité par les médias d’Etat russes.
« La conversation est terminée », a indiqué le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, cité notamment par l’agence de presse étatique TASS.
Plus tôt dans la journée, un proche conseiller du président américain, Dan Scavino, avait confirmé, sur X, que la conversation «se passait bien (…)».
Lire aussi. Russie-Ukraine: Trump dit qu’il parlera mardi à Poutine de « partages »
L’appel, attendu avec anxiété en Ukraine et suivi avec une extrême attention par les capitales européennes, avait débuté à 10h00 locale à Washington (14h00 GMT), selon un conseiller de la Maison Blanche.
Donald Trump, qui a engagé depuis son retour à la Maison Blanche un spectaculaire rapprochement avec le maître du Kremlin, avait parlé dimanche de « partage » entre Moscou et Kiev, évoquant des territoires et des centrales de « production d’énergie ».
Le président américain semble donc prêt à discuter de l’octroi à la Russie de territoires ukrainiens occupés, pour convaincre Vladimir Poutine d’accepter un cessez-le-feu et à plus long terme un accord de paix.
Réticences
Le locataire de la Maison Blanche, qui se flatte d’avoir une relation privilégiée avec le président russe, a aussi évoqué à plusieurs reprises mais de manière assez peu claire la situation de soldats ukrainiens selon lui « encerclés » par des forces russes, en demandant à la Russie de les épargner.
Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a quant à lui martelé mardi que Moscou devait accepter une trêve « sans conditions ».
A Kiev comme à Paris ou Berlin, on redoute que Donald Trump, qui aborde une négociation diplomatique comme un marchandage commercial, basé sur un rapport de forces individuel, n’accorde trop de largesses à son homologue russe, perçu comme une menace à l’échelle continentale.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit se rendre mercredi à Helsinki, pour des pourparlers sur « le soutien de la Finlande à l’Ukraine et sur les mesures visant à mettre fin à la guerre d’agression de la Russie », selon la présidence finlandaise.
L’Ukraine a accepté, sous la pression de Washington, l’idée d’un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours.
Vladimir Poutine, qui a l’avantage militaire sur le terrain, a pris soin de ne pas refuser cette idée mais a publiquement exprimé des réticences.
« Il y a certaines ententes, bien sûr. Mais il y a aussi un grand nombre de questions liées à la poursuite de la normalisation de nos relations (avec Washington) et à la question ukrainienne, dont les deux présidents doivent discuter », a résumé mardi Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin.
Alors que Washington a laissé entendre que certaines sanctions visant Moscou pourraient être levées en cas d’accord sur l’Ukraine, Vladimir Poutine a estimé mardi que les Occidentaux continueront quoi qu’il arrive d’essayer « d’affaiblir » la Russie.
Lire aussi. Ukraine: les alliés de Kiev prévoient une « pression collective » sur la Russie
Le président américain a repris sur plusieurs points la rhétorique et des contre-vérités du Kremlin, tout en vantant la possible coopération économique des Etats-Unis avec la Russie.
Il a déjà accédé à des revendications russes, en jugeant impossible le maintien de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et son adhésion à l’Otan.
Donald Trump, qui s’est déjà entretenu une première fois, officiellement, avec Vladimir Poutine le 12 février, a aussi publiquement rabroué le chef de l’Etat ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison Banche.
Il avait ensuite suspendu l’aide militaire et en renseignements à Kiev, ne les rétablissant que lorsque l’Ukraine avait entériné son projet de trêve.
La Russie n’a pour sa part fait état d’aucune concession de fond, réclamant toujours cinq régions ukrainiennes dont la Crimée.
Vladimir Poutine a aussi jugé qu’une cessation provisoire des combats dépendrait de la situation dans la région russe de Koursk, où les forces de Moscou ont repris depuis début mars la quasi-totalité des territoires occupés par les troupes de Kiev, qui perdent ainsi une monnaie d’échange dans les négociations.
