Les impulsions guerrières de Trump éclipsent ses prétentions pacificatrices

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Les impulsions guerrières de Trump prennent le dessus sur ses prétentions pacificatrices
© Andre Caballero-Reynolds / AFP

« Notre président va commencer une guerre avec l’Iran parce qu’il est totalement incapable de négocier ». L’affirmation, formulée dans une vidéo de 2011 aujourd’hui effacée mais reprise par nombre de médias, vient de Donald Trump et vise Barack Obama.

Depuis le déclenchement samedi d’une offensive majeure contre l’Iran, nombre d’anciens messages de ce genre ressurgissent, soulignant la contradiction entre les ambitions pacificatrices du président républicain et ses initiatives guerrières.

L’opération déclenchée avec Israël se justifie selon Donald Trump par des menaces « imminentes » pour la sécurité des Etats-Unis. De hauts responsables de la Maison Blanche ont affirmé que les autorités iraniennes préparaient des frappes de missiles contre des positions américaines.

Nombre d’experts s’interrogent toutefois sur cette justification et sur les objectifs à long terme de l’impulsif chef d’Etat, qui a appelé le peuple iranien à renverser le pouvoir.

« Ce gouvernement n’a pas montré d’intérêt pour la démocratie ou les changements de régime ou que ce soit. Pas plus qu’il n’a manifesté d’appétit pour des entreprises coûteuses de politique étrangère, dont Trump avait promis pendant sa campagne qu’elles ne seraient plus désormais une pierre angulaire de la diplomatie américaine », note Richard Haass, ancien diplomate ayant travaillé pour l’administration de George W. Bush.

« Un mystère » 

« Pourquoi aujourd’hui et maintenant, c’est un mystère », conclut-il dans un essai publié sur internet dimanche.

A la veille de l’élection remportée en novembre 2024 par le milliardaire new-yorkais, le parti républicain avait lancé sur X un appel à voter avec une photo de Donald Trump et de l’actuel vice-président JD Vance, titrée : « Le duo pro-paix ».

« La meilleure politique étrangère pour Trump? Ne pas commencer de guerres », avait écrit JD Vance dans une contribution publiée par le Wall Street Journal en janvier 2023, avant d’être choisi comme colistier.

Dans son discours d’investiture du 20 janvier 2025, Donald Trump avait lancé: « L’héritage dont je serai le plus fier sera celui d’un artisan de la paix et d’un rassembleur ».

Depuis son retour au pouvoir il y a un peu plus d’un an, le président américain se présente sans relâche en homme de paix, en clamant qu’il a mis fin à huit conflits – un chiffre jugé fantaisiste par les experts.

Fifa 

Donald Trump revendique ouvertement le prix Nobel de la paix.

Le département d’Etat a ajouté son nom sur la façade d’un « Institut pour la paix » à Washington. Le président américain a lancé un « Conseil de paix » pour la bande de Gaza et plus largement la résolution des conflits dans le monde.

Il a aussi reçu un « Prix de la paix » taillé sur mesure de la Fédération internationale de football (Fifa), qui lui vaut des quolibets sans fin de ses opposants.

Mais avant même d’avoir atteint la moitié de son second mandat, Donald Trump a déjà lancé plusieurs opérations militaires de grande envergure.

Il a frappé des sites nucléaires iraniens en juin 2025, lancé une campagne d’attaques contre des embarcations suspectées de transporter de la drogue en mer des Caraïbes et ordonné la capture du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro.

Son slogan de l' »Amérique d’abord », à tonalité isolationniste, cohabite avec une rhétorique que n’auraient pas reniée les « neocon », ces conservateurs américains interventionnistes dont l’influence a culminé juste après les attentats du 11 septembre 2001.

« Toute cette puissance »

Le président américain dit par exemple avoir transformé l’ancienne doctrine Monroe, présentant l’Amérique latine comme une zone d’influence des Etats-Unis, en doctrine « Donroe », qui l’autoriserait à peser sur les élections ou sur les décisions politiques dans les pays de la région.

Il juge que le Canada devrait devenir le 51ème Etat américain et a laissé circuler, avant de reculer, le scénario d’une conquête du Groenland par la force.

Lire aussi: Mondial-2026: un tournoi XXL percuté par Trump et les incertitudes géopolitiques

Le président bientôt octogénaire, qui a évité la conscription pendant la guerre au Vietnam en raison d' »excroissances osseuses », vante à chaque occasion les performances de l’armée.

Recevant récemment les vainqueurs d’une compétition de hockey sur glace à la Maison Blanche, le président avait, sur le ton de la plaisanterie, présenté l’appareil militaire américain comme un instrument d’affirmation personnelle.

Désignant les athlètes qui l’entouraient, il avait dit: « Des gens beaux, jeunes, je les déteste. Personne n’aime être debout comme ça avec toute cette puissance derrière soi. Mais moi aussi j’ai de la puissance, qui s’appelle l’armée américaine. »

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