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«Je me tire»: libéré des geôles algériennes par la France, Boualem Sansal la quitte
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Moins de six mois après sa libération de prison en Algérie, l’écrivain Boualem Sansal annonce vouloir quitter la France, se disant victime d’une «dictature de la pensée».
Dans un entretien à TF1 vendredi 24 avril, la veille de son intronisation à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, Boualem Sansal a lâché une bombe: «La France, c’est fini pour moi. Il me reste quelques mois à tirer dans ce pays. Puis, je me tire.» Gracié en novembre 2025, après plus d’un an d’emprisonnement en Algérie, l’octogénaire est aujourd’hui en traitement médical en région parisienne pour plusieurs pathologies.
Expliquant sa décision qui a fait immédiatement réagir, surtout du côté de l’Hexagone, l’écrivain de 81 ans a dénoncé des «insultes» et critiqué «une poignée d’oligarques de la pensée, pire que la dictature en Algérie». Quant à ses destinations envisagées en cas de départ: «J’irai en Suisse, en Belgique… De là-bas, je continuerai à critiquer à longueur de journée.», a-t-il lâché.
Cette déclaration choc intervient moins de six mois après que la diplomatie française a obtenu la libération de Sansal des prisons algériennes, et alors qu’il n’est aujourd’hui exclusivement que de nationalité française. Le voisin de l’est lui ayant retiré sa nationalité en début d’année, Sansal n’existe plus juridiquement que par le pays qu’il dit vouloir fuir.
La polémique Grasset-Bolloré
Il faut noter que la sortie de Sansal intervient dans un contexte éditorial particulièrement agité. L’auteur a en effet quitté son éditeur historique Gallimard, avec lequel il s’est brouillé durant sa détention car n’ayant pas «été défendu comme il le souhaitait», pour rejoindre Grasset.
Son arrivée chez cette maison d’édition contrôlée par le groupe Hachette du milliardaire Vincent Bolloré a coïncidé avec le départ du PDG Olivier Nora, considéré par de nombreux auteurs comme un licenciement décidé par Bolloré, les deux dirigeants étant en désaccord sur la date de publication du prochain livre de Sansal.
Mais l’écrivain rejette fermement toute collusion: «Bolloré, je ne l’ai jamais rencontré, je ne connais pas ce monsieur. Il n’a pas besoin de moi, je n’ai pas besoin de lui», a-t-il affirmé, dénonçant une «cabale» pour le décrédibiliser. Son futur ouvrage, intitulé La Légende et dans lequel il revient sur son emprisonnement en Algérie, paraîtra le 2 juin 2026.
Double consécration académique
Les propos fracassants de l’écrivain interviennent par ailleurs à l’un des plus grand moment de sa carrière: il a été honoré samedi 25 avril par l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, institution composée de 40 «fauteuils», dont dix réservés à des étrangers.
Sansal occupe désormais le fauteuil 37, en succédant au Français Michel del Castillo, décédé en décembre 2024. Mais la cérémonie n’a pas été sans couac: une académicienne, Danielle Bajomée, s’est absentée par «par cohérence idéologique».
Rappelons que le 29 janvier dernier, Sansal avait également été élu à l’Académie française avec 25 voix sur 26.
