La police suédoise a arraisonné vendredi au large de ses côtes méridionales un cargo battant…
La France arraisonne un pétrolier de la flotte fantôme russe, Moscou dénonce une « piraterie »
Publié le
Le président français Emmanuel Macron a annoncé lundi l’arraisonnement dans l’océan Atlantique d’un pétrolier sous sanctions européennes en provenance de Russie, soupçonné d’arborer un faux pavillon, un acte « à la limite de la piraterie internationale » pour Moscou.
« Il est inacceptable que des bateaux contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que mène la Russie contre l’Ukraine depuis plus de quatre ans« , a commenté le chef de l’État français dans un message sur X montrant des images de l’arraisonnement dimanche. La « détermination » de la France à lutter contre la flotte fantôme russe est « constante et totale », a-t-il ajouté.
« Nous considérons ces actions comme illégales, à la limite de la piraterie internationale« , a réagi lundi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov lors de son point presse quotidien, ajoutant que « la Russie prend des mesures pour garantir la sécurité de ses cargos« .
La Marine nationale a arraisonné hier matin un nouveau pétrolier sous sanctions internationales en provenance de Russie : le Tagor. Notre détermination est constante et totale.
Cette intervention a été effectuée en Atlantique, en haute mer,… pic.twitter.com/zxEslYjbUE
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) June 1, 2026
L’arraisonnement de ce pétrolier, le Tagor, s’est produit « à plus de 400 nautiques » (740 km environ à l’ouest de la pointe de la Bretagne), soit très loin des côtes européennes, a précisé la préfecture maritime de l’Atlantique, dans un communiqué. En provenance du port de Mourmansk, à l’extrême nord de la Russie, le navire se dirigeait vers la ville balnéaire de Limbé au Cameroun, pays dont il arborait le pavillon.
La Marine française a estimé qu’il s’agissait probablement d’un faux pavillon et décidé de monter à bord du navire, comme le permet la convention de Montego Bay sur le droit de la mer. Le capitaine a « refusé à de multiples reprises d’obtempérer aux consignes de la Marine Nationale », a déclaré le parquet lundi.
Le capitaine s’est déclaré « de nationalité russe », a précisé le parquet, annonçant l’ouverture d’une enquête pénale pour « non-justification de nationalité d’un navire », « défaut de pavillon » et « refus d’obtempérer ».
Le navire, avec 23 membres d’équipage, est « escorté par des moyens de la Marine nationale » vers un point de mouillage pour la poursuite des vérifications », a précisé la préfecture maritime. Il devrait mettre « 24 à 48 heures » à arriver.
Navire lié à un magnat iranien
Sous sanctions notamment des États-Unis, de l’Union européenne et du Royaume-Uni, le Tagor a changé à de multiples reprises de pavillon, arborant notamment celui de Madagascar, des Iles Marshall ou de Panama. Soupçonné de transporter du pétrole russe ou iranien malgré les sanctions internationales, il serait lié au magnat iranien du pétrole Mohammad Hossein Shamkhani, selon le site Opensanctions.org.
Mohammad Hossein Shamkhani est le fils d’Ali Shamkhani, proche conseiller de l’ancien guide suprême iranien Ali Khamenei. Ces derniers ont tous deux été tués en février, au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran.
Hier, un navire de la @MarineNationale a effectué, en haute mer, une enquête de pavillon qui a permis de confirmer l’irrégularité du pavillon arboré par le pétrolier-cargo Tagor.
Cette 4ème intervention depuis septembre 2025 illustre notre vigilance permanente vis-à-vis de ceux… https://t.co/WHUkw6Ifvi pic.twitter.com/sS8YRaalPa
— Chef d’état-major des armées (@CEMA_FR) June 1, 2026
Le système d’identification du navire (AIS) n’a plus émis de signal indiquant sa position depuis une semaine. Le Tagor naviguait alors au large des côtes norvégiennes, selon le site Marine Traffic.
L’interception de ce pétrolier est la quatrième de ce type effectuée par la France après celles du Deyna et du Grinch, arrêtés en Méditerranée respectivement en mars et janvier 2026, et du Boracay, arraisonné en septembre 2025 au large de la Bretagne. Les trois navires avaient été immobilisés puis avaient pu repartir, après le paiement d’amendes pour les deux derniers.
La France a annoncé le 8 avril vouloir doubler les peines applicables pour défaut de pavillon et refus d’obtempérer afin de renforcer la lutte contre la flotte fantôme russe, selon des sources concordantes.
