Le Front Polisario a vite réagi, hier lundi, à la résolution du Conseil de sécurité…
La presse algérienne entre déni et amertume après le vote du Conseil de sécurité sur le Sahara
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Le soutien du Conseil de sécurité des Nations Unies au plan marocain d’autonomie a été accueilli ce samedi par la presse algérienne avec une ligne éditoriale oscillant entre minimisation du texte et dénonciation d’un « revers » dû à l’influence américaine.
Le vote historique du Conseil de sécurité de l’ONU, vendredi 31 octobre, en faveur d’une résolution qui soutient le plan d’autonomie marocain pour le Sahara, a suscité une réaction empreinte de déception et de colère dans la presse algérienne, francophone comme arabophone. Cette résolution onusienne, qui consolide la position marocaine, a été perçue à Alger comme un revers stratégique, renforçant l’isolement du Front Polisario sur la scène internationale.
La ligne éditoriale algérienne est largement axée sur la dénonciation des pressions géopolitiques exercées lors de la rédaction du texte. L’agence de presse officielle Algérie Presse Service (APS), ainsi que plusieurs quotidiens, ont relayé la position officielle qui juge la résolution « en deçà des aspirations du peuple sahraoui ». Pour marquer sa protestation contre le rejet de ses amendements, l’Algérie, en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité, a d’ailleurs choisi de ne pas participer au vote, un acte diplomatique fort soulignant son désaccord.
Cette position a été amplifiée par les médias arabophones. Des titres comme Echorouk et El Khabar ont adopté une posture plus vindicative, dénonçant un « parti pris occidental » et une « pression américaine » dans l’élaboration du texte final.
L’administration américaine, en tant que « porte-plume » de la résolution, est souvent accusée d’avoir « instrumentalisé » le dossier afin de consolider l’axe stratégique Rabat-Washington. Echorouk a notamment dénoncé un «coup porté au droit des peuples».
La résolution a été adoptée avec 11 voix pour, aucune voix contre, et 3 abstentions (dont la Russie et la Chine, et le Pakistan). Ces abstentions sont mises en avant par la presse algérienne pour signifier l’existence de « signaux de résistance » au sein du Conseil face à l’orientation du texte. Des journaux, comme El Khabar, se sont interrogés sur les «conséquences régionales» de ce vote, exhortant l’Algérie à « revoir sa stratégie diplomatique » face à la consécration de l’autonomie comme unique base de négociation pour l’avenir du territoire.
Le vote, qui marginalise de facto l’option d’autodétermination par référendum, pousse aujourd’hui Alger à un examen stratégique, mais sans média algérien n’a encore évoqué la possibilité d’un changement de cap ou d’un dialogue direct avec Rabat.
