Le Pakistan a "abattu" deux avions indiens à l'intérieur de son espace aérien, a affirmé…
Le Pakistan frappe l’Inde en repisote à des missiles indiens contre Islamabad
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Attaques de drones, tirs d’artillerie, frappes de missiles, le Pakistan et l’Inde ont encore intensifié samedi leurs opérations au quatrième jour de leur confrontation militaire, sourds aux appels insistants à la retenue des Etats-Unis ou de la Chine.
Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a estimé samedi que son pays avait « vengé les morts innocents » avec une « réponse adéquate » à l’Inde, engagée avec son voisin dans leur pire confrontation militaire depuis des décennies.
« Avec l’opération ‘Edifice compact’« , lancée dans la nuit de vendredi à samedi selon des sources pakistanaises de sécurité, « le Pakistan a visé les installations militaires indiennes depuis lesquelles des attaques avaient été lancées contre lui », a affirmé Sharif, cité par son bureau, ajoutant: « aujourd’hui, nous avons donné à l’Inde une réponse adéquate et vengé les morts innocents ».
Le ministre de l’Information du Cachemire pakistanais, Mazhar Saeed Shah, a affirmé samedi à l’AFP que « 11 personnes, dont quatre femmes et un enfant » avaient été tuées dans la nuit, « dans d’intenses bombardements indiens, sur plus de cinq endroits de la Ligne de contrôle », la frontière de facto dans la région disputée.
« Depuis mercredi, 28 personnes ont été tuées et 125 blessées dans des bombardements indiens ou des frappes de missiles » dans la partie du Cachemire administrée par le Pakistan, a-t-il ajouté, lors de la confrontation la plus intense entre le Pakistan et l’Inde depuis des décennies.
Depuis les frappes indiennes menées mercredi sur le sol pakistanais en représailles à l’attentat commis le 22 avril dans le Cachemire indien, les deux puissances nucléaires se rendent coup pour coup dans une inquiétante escalade.
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La principale ville du Cachemire indien, Srinagar, a été plusieurs fois secouée samedi par de violentes détonations, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Touchée au petit matin, la base aérienne d’Awantipora, près de Srinagar, a encore été frappée à la mi-journée, selon une source policière s’exprimant sous couvert de l’anonymat.
L’aggravation des combats entre les deux rivaux a suscité les appels au calme de plus en plus inquiets de nombreuses capitales étrangères.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s’est entretenu avec ses homologues indien et pakistanais et les a exhortés « à rétablir une communication directe pour éviter toute erreur de calcul », selon sa porte-parole Tammy Bruce.
« Dégâts limités »
Les Etats-Unis ont formellement offert leur médiation aux deux pays.
La Chine a haussé le ton samedi en appelant « fermement » les deux pays voisins à la retenue, alors que les pays membres du G7 ont de leur côté exigé « une désescalade immédiate ».
Rivaux depuis leur indépendance et leur douloureuse partition en 1947, l’Inde et le Pakistan traversent leur plus grave crise des deux dernières décennies depuis l’assassinat de 26 civils le mois dernier dans la ville de Pahalgam, au Cachemire indien.
New Delhi accuse Islamabad de soutenir le groupe jihadiste qu’elle soupçonne de l’attaque, ce que son voisin dément fermement. Les combats qui les opposent depuis mercredi font aussi l’objet d’une féroce bataille de communication.
Avant l’aube samedi, deux explosions ont retenti à Islamabad et à Rawalpindi, ville toute proche où se trouvent l’état-major et les services du renseignement pakistanais.
Le porte-parole de l’armée pakistanaise, Ahmed Sharif Chaudhry, est alors apparu à la télévision d’Etat pour annoncer que « l’Inde a(vait) attaqué avec des missiles » et que « les bases de Nour Khan, Mourid et Chorkot (avaient) été visées ».
« Vous pouvez vous préparer maintenant à notre réponse », a-t-il lancé à l’intention de l’Inde.
Samedi matin, des porte-paroles de l’armée indienne ont confirmé que le Pakistan avait visé 26 cibles sur son sol. Parmi elles, quatre bases aériennes dont l’infrastructure et le personnel n’ont subi que des « dégâts limités ».
Le secrétaire du ministère indien des Affaires extérieures, Vikram Misri, a longuement dénoncé devant la presse « les mensonges, la désinformation et la propagande » d’Islamabad, accusé de viser délibérément » des objectifs civils.
OPERATION SINDOOR
Indian Army Pulverizes Terrorist Launchpads
As a response to Pakistan’s misadventures of attempted drone strikes on the night of 08 and 09 May 2025 in multiple cities of Jammu & Kashmir and Punjab, the #Indian Army conducted a coordinated fire assault on… pic.twitter.com/2i5xa3K7uk
— ADG PI – INDIAN ARMY (@adgpi) May 10, 2025
L’armée indienne a également affirmé sur X avoir « pulvérisé » des « sites de lancement terroristes » de drones proche de la frontière.
Le centre de réflexion International Crisis Group (ICG) s’est inquiété de « la rhétorique belliqueuse, l’agitation intérieure et la logique jusqu’au-boutiste de la surenchère » dans les deux capitales.
Selon les bilans officiels des deux camps, les combats ont causé depuis mercredi la mort d’une soixantaine de civils pakistanais et indiens.
Cet état de guerre a suscité d’importants mouvements de population de part et d’autre de la « ligne de contrôle » qui sépare la région contestée du Cachemire entre les deux pays.
Dans la partie indienne, la gare de la ville de Jammu, visée par des attaques de drones pakistanais les deux dernières nuits, était prise d’assaut samedi par des habitants en quête d’un train.
« Il y a eu des fortes explosions toute la nuit », a confié à l’AFP sur un quai l’un des candidats au départ, Karan Varma, un maçon de 41 ans. « Il n’y a pas d’autre choix que de partir ».
Conséquence des opérations militaires en cours, l’espace aérien du Pakistan sera fermé « jusqu’à dimanche à 07H00 GMT », a annoncé samedi à la mi-journée l’Autorité locale de l’aviation.
Côté indien, un total de 32 aéroports du quart nord-ouest du pays ont été fermés au trafic aérien jusqu’à nouvel ordre.
