Le Somaliland propose ses minerais et des bases militaires aux Etats-Unis

Publié le
En quête de reconnaissance, Le Somaliland propose ses minerais et des bases militaires aux Etats-Unis
Hargeisa est la capitale de la République du Somaliland, proclamée en 1991 et reconnue uniquement par Israël © DR

En quête de reconnaissance internationale, le Somaliland se dit prêt à accorder aux États-Unis un accès privilégié à ses ressources minières stratégiques et à accueillir des bases militaires sur son territoire, misant sur sa position géostratégique et ses richesses pour renforcer sa légitimité.

Le Somaliland, territoire autoproclamé indépendant depuis 1991, multiplie les initiatives pour obtenir une reconnaissance internationale plus large. Après celle d’Israël fin 2025, ses autorités ont affirmé être prêtes à accorder aux États-Unis des concessions minières exclusives et à accueillir des bases militaires américaines.

« Nous sommes prêts à accorder des exclusivités minières aux États-Unis. Nous sommes également ouverts à l’idée d’offrir des bases militaires », a déclaré à l’AFP le ministre de la Présidence, Khadar Hussein Abdi.

Cette proposition s’inscrit dans la stratégie diplomatique du Somaliland, qui cherche à renforcer ses partenariats internationaux afin de consolider sa souveraineté, toujours contestée par la Somalie, qui considère ce territoire comme faisant partie intégrante de son territoire national.

Des ressources minières stratégiques

Selon le ministère somalilandais de l’Énergie et des Mines, le territoire dispose d’importantes réserves de minerais stratégiques, notamment le lithium, le tantalum, le niobium et le coltan. Ces ressources sont particulièrement convoitées pour les industries technologiques, notamment les batteries, l’électronique et les technologies de défense.

Le président somalilandais Abdirahman Mohamed Abdullahi, surnommé « Irro », avait déjà évoqué la possibilité d’accorder un accès privilégié à ces ressources à Israël, premier pays à reconnaître officiellement l’indépendance du Somaliland depuis sa sécession de la Somalie en 1991.

« Nous pensons que nous parviendrons à un accord avec les États-Unis », a affirmé le ministre Khadar Hussein Abdi, laissant entrevoir un rapprochement stratégique avec Washington.

Une position géostratégique clé

Situé à l’entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, entre la mer Rouge et le golfe d’Aden, le Somaliland occupe une position stratégique majeure sur l’une des routes commerciales les plus importantes au monde, reliant l’océan Indien au canal de Suez.

Les États-Unis disposent déjà d’une base militaire à Djibouti, pays voisin, ce qui renforce l’intérêt stratégique de la région dans un contexte de tensions croissantes, notamment avec les attaques menées par les rebelles houthis au Yémen contre des intérêts occidentaux et israéliens.

Lire aussi: L’Union africaine s’insurge contre la reconnaissance du Somaliland par Israël

Le Somaliland n’exclut pas non plus la possibilité d’accorder des facilités militaires à Israël, dans le cadre d’un partenariat stratégique en cours de discussion.

Une diplomatie axée sur les ressources et la sécurité

Cette ouverture envers Washington s’inscrit dans un contexte international marqué par une compétition accrue pour l’accès aux ressources stratégiques et aux positions géopolitiques clés.

Lire aussi: L’Egypte condamne la reconnaissance par Israël du Somaliland

Le Somaliland espère que ces offres renforceront ses chances d’obtenir une reconnaissance internationale plus large, plus de trois décennies après sa déclaration d’indépendance, alors que la Somalie continue de s’opposer fermement à toute reconnaissance officielle.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Le Somaliland propose ses minerais et des bases militaires aux Etats-Unis

S'ABONNER
Partager
S'abonner