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Liban: les forces israéliennes démarrent leur retrait d’une localité frontalière
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L’envoyé américain Amos Hochstein, en visite au Liban, a annoncé que les forces israéliennes avaient commencé lundi leur retrait de la ville frontalière de Naqoura, à l’extrême sud du pays, plus d’un mois après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre l’armée israélienne et le Hezbollah.
Il s’agit, depuis le 27 novembre, du deuxième retrait israélien dans le sud du Liban frontalier du nord d’Israël, alors que les casques bleus de l’ONU et le Premier ministre libanais Najib Mikati avaient demandé fin décembre à l’armée israélienne d’accélérer son retrait.
« L’armée israélienne a commencé son retrait de Naqoura (…) et a regagné Israël, au sud de la Ligne bleue, aujourd’hui », a déclaré M. Hochstein en référence à la frontière délimitée par l’ONU entre les deux pays.
« Ces retraits se poursuivront jusqu’à ce que toutes les forces israéliennes quittent totalement le Liban, et pendant que l’armée libanaise continue de se déployer vers le sud, jusqu’à la Ligne bleue », a-t-il ajouté après sa rencontre avec le président du Parlement, Nabih Berri, un allié du Hezbollah.
« Je n’ai aucune raison de ne pas penser que toutes les parties, toutes les parties, demeureront engagées dans l’application de l’accord auquel elles ont consenti », a-t-il dit après sa rencontre avec M. Mikati à Beyrouth, alors que le Hezbollah et Israël se sont accusés mutuellement d’avoir violé le cessez-le-feu.
En septembre, Israël a intensifié sa campagne de bombardements et envoyé des troupes au Liban après près d’un an d’échanges de tirs transfrontaliers avec le Hezbollah, en marge de la guerre à Gaza.
« Sur la bonne voie »
Selon les termes du cessez-le-feu, l’armée libanaise doit se déployer aux côtés des casques bleus onusiens dans le sud, pendant que l’armée israélienne se retire sur une période de 60 jours.
Le Hezbollah doit retirer ses forces au nord du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière, et démanteler toute infrastructure militaire restante dans le sud.
L’armée libanaise a indiqué lundi que « des unités de l’armée avaient pris position autour de la localité de Naqoura (…) et on commencé à se déployer en coordination avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) », dont le QG se trouve à Naqoura.
Ce déploiement s’est produit « en parallèle avec le retrait de l’ennemi israélien », selon l’armée libanaise, coïncidant avec « une réunion du comité des cinq » chargé de superviser le cessez-le-feu, à laquelle a participé Amos Hochstein.
Des unités spécialisées aideront à éliminer les munitions non explosées, précise l’armée, appelant la population à « ne pas s’approcher de la zone ».
Un comité composé de représentants israélien, libanais, français et américain, ainsi que d’un délégué de la Finul, est chargé de surveiller l’application du cessez-le-feu et les violations potentielles.
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M. Hochstein a indiqué qu’il avait coprésidé lundi la troisième réunion de ce comité aux côtés du général américain Jasper Jeffers, ajoutant que « le mécanisme fonctionne bien ».
Bien que la mise en œuvre du cessez-le-feu n’ait pas progressé « aussi rapidement que certains l’auraient souhaité (…), ce que j’ai entendu aujourd’hui à Naqoura me donne l’espoir que nous sommes sur la bonne voie », a-t-il poursuivi.
« Consensus politique »
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a accusé dimanche le Hezbollah de ne pas se retirer « au-delà du fleuve Litani » et de ne pas respecter d’autres termes du cessez-le-feu, après que le mouvement pro-iranien a accusé Israël de violations.
Le 11 décembre, l’armée libanaise avait annoncé son déploiement autour de la ville frontalière de Khiam en coordination avec la Finul, également après le retrait des troupes israéliennes de la région.
L’armée américaine a précisé qu’il s’agissait du premier retrait des forces israéliennes suivi d’un déploiement de l’armée libanaise dans le cadre du cessez-le-feu.
A l’occasion de sa première visite au Liban depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 27 novembre, M. Hochstein a également appelé à un « consensus politique » pour l’élection d’un président de la République prévue jeudi, après deux ans d’impasse en raison de profondes divisions entre le Hezbollah et ses adversaires.
« Le Liban traverse une période critique (…) non seulement pour mettre en œuvre cet accord, mais aussi pour parvenir à un consensus politique et se concentrer sur le Liban au service de son peuple », a-t-il déclaré.
« C’est une occasion (…) de se concentrer véritablement sur la reconstruction de l’économie », la mise en œuvre « des réformes qui permettront d’attirer les investissements et de ramener le pays sur la voie de la croissance économique et de la prospérité pour tous », a-t-il dit.
L’armée libanaise a, elle, précisé que Amos Hochstein et Jasper Jeffers avaient rencontré le commandant de l’armée, le général Joseph Aoun, pour discuter du cessez-le-feu.
Joseph Aoun est cité parmi les candidats potentiels à la présidence.
