Le Hezbollah libanais a annoncé dimanche qu'il organiserait le 23 février des funérailles pour son…
Liban: une foule immense aux funérailles du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah (vidéos)
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Des dizaines de milliers de partisans du Hezbollah ont assisté dimanche à Beyrouth aux funérailles de son chef Hassan Nasrallah tué par Israël, renouvelant leur allégeance au mouvement libanais de résistance.
Le Hezbollah a attendu le retrait presque complet de l’armée israélienne du sud du Liban, le 18 février, pour organiser son premier rassemblement populaire depuis la fin de la guerre.
Un camion portant les cercueils de Hassan Nasrallah et de son successeur Hachem Safieddine, tués successivement dans des frappes israéliennes, a fait le tour de la Cité sportive de Beyrouth où était massée une foule en pleurs.
« Nasrallah, nous restons fidèles à la promesse », répétaient les participants vêtus de noir, poing levé, jetant des fleurs sur les cercueils et brandissant les drapeaux jaunes du Hezbollah.
Les gradins et la pelouse de la Cité sportive, au sud du Beyrouth, qui peuvent accueillir 78.000 personnes, étaient noirs de monde, selon les journalistes de l’AFP sur place.
Dans les rues avoisinantes, où 35.000 sièges sont prévus pour les hommes et 25.000 pour les femmes, les partisans du Hezbollah étaient également massés, certains pleurant alors que des discours de Hassan Nasrallah étaient retransmis sur des écrans géants.
Celui qui a dirigé le Hezbollah pendant 32 ans a été tué le 27 septembre dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de la capitale, bastion du mouvement armé chiite.
L’aviation israélienne a survolé Beyrouth et sa banlieue à basse altitude durant les funérailles, selon un média d’Etat.
Elle a mené depuis le matin des frappes répétées sur le sud et l’est du Liban, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 27 novembre. Israël a dit avoir frappé des lanceurs de roquettes qui présentaient une « menace imminente ».
La cérémonie funéraire des martyrs de la Résistance a commencé il y a peu l’arrivée des corps saints du martyr Nasrallah et du martyr Safi al-Din au Complexe sportif de Beyrouth au milieu d’une grande foule de personnes. pic.twitter.com/EeS8c3YZn3
— IRNA Français (@Irnafrench) February 23, 2025
Dans la Cité sportive, des femmes brandissaient des portraits de combattants tués lors de la guerre qui a décapité le Hezbollah.
Oum Mahdi, 55 ans, a affirmé être venue de la plaine de la Békaa (est), malgré le froid, « pour le voir (Nasrallah) une dernière fois et voir son mausolée ». « C’est la moindre des choses qu’on puisse faire pour le Sayyed qui a tout donné ».
Parmi les délégations étrangères, l’Iran est représenté par le président du Parlement, Mohammad-Bagher Ghalibaf, et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
Des représentants des factions irakiennes pro-iraniennes et d’autres alliés du Hezbollah et de l’Iran contre Israël sont également présents.
بحضور شعبي كبير.. تشييع الأمينين العامَّيْن السابقين لحزب الله حسن نصر الله وهاشم صفي الدين#الأخبار pic.twitter.com/aAtAxkf9pG
— قناة الجزيرة (@AJArabic) February 23, 2025
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a promis de poursuivre « la résistance » à Israël, dans un message publié dimanche à cette occasion.
Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, allié du Hezbollah, représente le chef de l’Etat Joseph Aoun.
Dans le stade ont été affichés d’immenses portraits de Hassan Nasrallah et Hachem Safieddine, son cousin, tué dans une frappe israélienne en octobre après avoir été choisi pour lui succéder. Ses funérailles se déroulent également dimanche.
Depuis samedi, les routes menant à Beyrouth étaient encombrées de voitures affluant depuis les bastions du Hezbollah dans le sud et l’est du pays.
Après la cérémonie, les participants se dirigeront vers le mausolée consacré à Nasrallah, près de l’aéroport au sud de Beyrouth.
Le corps du chef du Hezbollah avait été enterré dans un lieu secret en attendant la fin de la guerre.
« Nous voulons faire de ces obsèques une démonstration de soutien », a déclaré le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, qui doit prononcer un discours.
« Je crois qu’il est important pour le groupe de démontrer qu’il reste une force sociale et politique majeure, malgré les revers qu’il a subis ces derniers mois », explique à l’AFP l’analyste Sam Heller, de Century Foundation.
Les autorités libanaises ont mobilisé 4.000 soldats et membres des forces de l’ordre, selon une source des services de sécurité, tandis que 25.000 hommes du Hezbollah assuraient la sécurité à l’intérieur du stade, selon la chaîne du mouvement, al-Manar.
Le trafic aérien à l’aéroport a été suspendu entre 12H00 et 16H00.
Hassan Nasrallah, tué à 64 ans, avait acquis une stature régionale après le retrait israélien du Liban en 2000 et durant la guerre de 2006 contre Israël, mais sa popularité s’était érodée après l’implication du Hezbollah en Syrie aux côtés de l’ex-président Bachar al-Assad.
Le Hezbollah, qui a dominé pendant des années la scène politique libanaise, est cependant contesté par de nombreux Libanais qui lui reprochent d’être « un Etat dans l’Etat ».
