Le fils de l'ex-dictateur Mouammar Kadhafi, Seif Al-Islam, a été le premier poids lourd de…
Libye: Seif al-Islam Kadhafi abattu chez lui par un commando
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Seif al-Islam Kadhafi, le fils du dictateur libyen défunt Mouammar Kadhafi, a été tué mardi par « un commando de quatre personnes » chez lui à Zenten, dans l’ouest de la Libye, a déclaré à l’AFP son avocat français, Marcel Ceccaldi.
« Pour l’instant, on ne sait pas » qui sont ces hommes armés, a-t-il ajouté. Il a toutefois précisé avoir appris il y a une dizaine de jours, par l’un des proches de Seif al-Islam Kadhafi, « que des problèmes se posaient au niveau de sa sécurité ».
Longtemps vu comme le successeur potentiel de son père avant la chute du régime en 2011, l’homme de 53 ans a été assassiné par quatre hommes armés, a déclaré Abdullah Othman Abdurrahim à la chaîne Libya al-Ahrar. Ils « ont pris d’assaut la résidence de Seif al-Islam Kadhafi après avoir neutralisé les caméras de surveillance, puis l’ont exécuté », a écrit la chaîne sur X, citant ses propos.
Ce même conseiller avait auparavant indiqué qu’il était décédé dans une publication sur Facebook, sans autres précisions. « Le docteur Seif al-Islam est tombé en martyr », a de son côté déclaré son cousin, Hamid Kadhafi, par téléphone à la même chaîne. « Nous n’avons pas d’autres informations », a-t-il ajouté.
Selon plusieurs médias, Seif al-Islam serait mort au sud de la ville de Zenten, dans l’ouest de la Libye. Il s’était forgé une image de modéré et de réformateur. Une réputation qui s’est effondrée quand il a promis des bains de sang au début de la rébellion.
Recherché par la CPI pour crimes contre l’humanité, il avait été arrêté dans le sud libyen. Longtemps détenu à Zenten, il a été condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès expéditif avant de bénéficier d’une amnistie.
Acte « perfide »
Jusqu’à l’annonce de son décès, on ne savait pas où il se trouvait. En 2021, bien qu’il ait été recherché, il avait déposé sa candidature à la présidentielle, misant sur le soutien des nostalgiques de l’ancien régime. L’élection ne s’est finalement pas tenue.
Pour l’expert Emad Badi, la mort de Seif al-Islam Kadhafi est « susceptible de le transformer en martyr aux yeux d’une partie conséquente de la population, tout en modifiant les équilibres électoraux en écartant un obstacle majeur à l’élection présidentielle ». Car « sa candidature et ses chances de succès (avaient) constitué un point central de controverse », a-t-il expliqué sur X.
L’ex-porte-parole du régime Kadhafi, Moussa Ibrahim, a dénoncé un acte « perfide », en affirmant qu’il lui avait parlé il y a deux jours. « Il voulait une Libye unie et souveraine, sûre pour tous ses habitants. Ils ont assassiné l’espoir et l’avenir, et semé la haine et le ressentiment », a-t-il écrit sur X.
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye peine à retrouver sa stabilité et son unité. Deux exécutifs s’y disputent le pouvoir: le gouvernement d’unité nationale (GNU) installé à Tripoli, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l’ONU; et un exécutif à Benghazi (est), contrôlé par le maréchal Haftar et ses fils qui ont étendu leur présence militaire au sud du pays.
