Normalisation: le président libanais répond à Israël

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Joseph Aoun président du Liban
Le président libanais Joseph Aoun assiste à une conférence de presse après une réunion multilatérale « Méditerranée orientale – MEDOR » au palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 28 mars 2025. ©AFP

Le président libanais, Joseph Aoun, a exclu vendredi toute normalisation de ses relations avec Israël, tout en se déclarant pour une situation pacifique avec le pays voisin qui occupe encore une partie de son territoire.

Il s’agit de la première réaction officielle libanaise aux propos du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, qui avait affirmé le 30 juin que Israël était « intéressé » par une normalisation avec la Syrie et le Liban.

Les deux pays sont toujours en état de guerre avec Israël, et Damas a affirmé qu’une normalisation était « prématurée ».

Le président libanais a « fait la distinction entre la paix et la normalisation », selon un communiqué de la présidence.

« La paix est l’absence de guerre, ce qui est important pour nous au Liban à l’heure actuelle. Quant à la question de la normalisation, elle n’est pas envisagée dans la politique étrangère libanaise actuelle », a-t-il dit, en recevant une délégation d’un centre de réflexion.

Il a appelé Israël à se retirer de cinq points qu’il occupe dans le sud du Liban, affirmant que cette présence « entravait le déploiement de l’armée jusqu’à la frontière ».

L’accord de cessez-le-feu qui a mis fin en novembre à la guerre entre le Hezbollah pro-iranien et Israël stipule que seules l’armée libanaise et les Casques bleus soient déployés dans le sud du pays.

Le Hezbollah doit pour sa part retirer ses forces et démanteler toute infrastructure militaire dans cette région.

Les autorités libanaises ont remis cette semaine à un émissaire américain leur réponse, qui n’a pas été rendue publique, à une demande de désarmer le Hezbollah dans le reste du pays.

Le président libanais a déclaré dans ce cadre que les autorités étaient déterminées à « avoir le monopole des armes dans le pays ».

L’application de cette décision « tiendra compte de l’intérêt de l’Etat et de la stabilité, afin de préserver la paix civile d’une part, et l’unité nationale de l’autre », a-t-il dit, signifiant que le désarmement du Hezbollah ne se ferait pas par la force.

Longtemps force politique dominante au Liban, le Hezbollah est la seule faction à avoir conservé son arsenal, dont des après la guerre civile au Liban (1975-1990), au nom de la « résistance contre Israël ».

Ce mouvement, dont l’arsenal comprend des missiles, est sorti très affaibli de la guerre avec Israël qui a quasiment décimé sa direction.

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