La plus haute juridiction de l'ONU a ordonné vendredi à Israël de stopper son offensive…
Offensive à Gaza: des prix Nobel d’économie mettent en garde Israël
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Plusieurs prix Nobel d’économie appellent jeudi dans une tribune le gouvernement israélien à mettre fin à « toute politique qui intensifie la famine généralisée » à Gaza, pointant les risques de conséquences « catastrophiques » sur l’économie d’Israël d’une poursuite de son offensive.
« En tant qu’êtres humains, économistes et scientifiques, nous appelons à un arrêt immédiat de toute politique qui intensifie la famine généralisée », écrit un collectif de professeurs d’économie européens et américains, dont dix prix Nobel, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde.
Parmi les 23 signataires de ce texte, initialement une lettre adressée au bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, figurent le lauréat 2024 du Nobel d’économie et professeur au MIT Daron Acemoglu, le professeur d’économie à l’université Columbia et prix Nobel d’économie 2001 Joseph Stiglitz, et la professeure au MIT et à l’Ecole d’économie de Paris et prix Nobel d’économie 2019 Esther Duflo.
Le ministre de la Défense Israël Katz « a approuvé » mercredi une offensive à Gaza-ville, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu doit donner jeudi son accord final aux plans de l’opération, selon son cabinet, resserrant l’étau sur la ville où ses troupes ont lancé de premières opérations et poursuivi leurs bombardements jeudi.
« Alors même que les Gazaouis seraient les premières victimes de ces politiques, les Israéliens devraient, eux aussi, en payer les conséquences, et les retombées économiques pourraient être catastrophiques », affirment ces économistes.
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« Face aux preuves croissantes de famine massive et de violations des droits humains, les gouvernements européens pourraient bien imposer des sanctions ciblées, infligeant de graves dommages à la science, au commerce et à l’emploi. On en observe déjà les premiers signes », écrivent-ils.
Au plan financier, « les agences de notation risquent de continuer à dégrader la dette souveraine d’Israël, ce qui alourdirait les coûts d’emprunt, alors que l’Etat fait face à d’énormes dépenses de reconstruction et de défense », poursuivent-ils, les trois principales agences ayant déjà abaissé la notation du pays en 2024.
Ils relèvent aussi le risque d’exil de la main d’oeuvre qualifiée, et notamment du secteur technologique « qui représente près de 20% du PIB et un tiers des recettes de l’impôt sur le revenu (…) privant Israël de son principal moteur de croissance ».
La guerre à Gaza a porté un coup aux secteurs du tourisme, de la construction et de l’agriculture en Israël.
Pour Gaza et la Cisjordanie, le Fonds monétaire international (FMI) a jugé fin 2024 que la guerre avait un effet « dévastateur » sur l’économie, le PIB de l’enclave ayant plongé d’environ 90% un an après le début de l’offensive.
