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Trump expulse plus de 200 membres d’un gang vénézuelien au Salvador
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Les Etats-Unis ont expulsé plus de 200 membres présumés du gang vénézuélien Tren de Aragua vers le Salvador, où ils ont été incarcérés dans une prison de haute sécurité, Donald Trump ayant invoqué une législation de temps de guerre.
Saisi par des défenseurs des droits humains contre cette loi de 1798, utilisée pour la dernière fois pendant la Seconde Guerre mondiale pour interner des Japonais, un juge a ordonné une suspension de 14 jours de toute expulsion. Mais les trois avions transportant les membres du gang, classé « organisation terroriste » par Washington, avaient peut-être déjà décollé.
« Aujourd’hui, un premier groupe de 238 membres de l’organisation criminelle vénézuélienne Tren de Aragua sont arrivés dans notre pays. Ils ont été immédiatement transférés au Centre de détention pour terroristes (Cecot), pour une période d’un an » renouvelable, a annoncé dimanche le président salvadorien Nayib Bukele sur X.
Dans des vidéos diffusées par le gouvernement salvadorien, des militaires à l’aéroport font descendre les prisonniers des avions et les font monter, enchaînés, dans des bus.
Donald Trump a signé l’arrêté d’expulsion vendredi en invoquant la Loi sur les étrangers et la sédition de 1798, mais il n’a été rendu public que samedi.
Cette loi, qui permet au président américain en temps de guerre d’arrêter ou expulser des citoyens d’une nation ennemie, n’avait été utilisée jusqu’à présent qu’à trois reprises, notamment pendant les deux guerres mondiales.
En février, le gouvernement de Donald Trump a désigné Tren de Aragua comme une « organisation terroriste » constituant une menace pour la sécurité des États-Unis.
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Dans son ordre d’expulsion, Donald Trump affirme que Tren de Aragua « menait une guerre irrégulière contre le territoire des États-Unis, à la fois directement et sous la direction, clandestine ou non, du régime de Maduro ».
La ministre américaine de la Justice Pam Bondi dispose de 60 jours pour mettre en oeuvre cette décision qui rend tous les membres du gang Tren de Aragua « passibles d’une interpellation, détention et expulsion immédiates ».
Sont concernés tous les Vénézuéliens, membres du Tren de Aragua, âgés de plus de 14 ans et qui ne sont pas des citoyens américains naturalisés ou des résidents permanents légaux.

En réaction, Caracas a dénoncé une décision du gouvernement américain qui « criminalise de façon infâme et injuste la migration vénézuélienne ».
L’organisation de défense des droits humains ACLU, ainsi que Democracy Forward, ont demandé au tribunal de district de Washington d’interdire les expulsions, en faisant valoir que la loi de 1798 n’était pas destinée à être utilisée en temps de paix.
Samedi, le juge James Boasberg a ordonné une suspension de 14 jours de toute expulsion. Une décision critiquée par Mme Bondi, qui a estimé qu’elle « met en danger le public et les forces de l’ordre ».
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Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a précisé dimanche qu’en plus des prisonniers du Tren de Aragua, les États-Unis avaient renvoyé au Salvador 23 membres du MS-13 pour qu’ils répondent à la justice.
« Nous avons renvoyé deux dangereux leaders de la MS-13, ainsi que 21 de leurs membres les plus recherchés, de retour au Salvador pour qu’ils comparaissent devant la justice », a écrit le chef de la diplomatie américaine sur le réseau X.
Le Tren de Aragua s’est formé en 2014 dans la prison vénézuélienne de Tocorón, dans l’Etat d’Aragua (centre nord). Il est impliqué dans des meurtres, des enlèvements, des vols, du trafic de drogue, de la prostitution, des extorsions et la traite d’êtres humains.
Ses activités se sont étendues à plusieurs pays du continent américain, dont les États-Unis, et, en Amérique du Sud, à la Colombie, au Chili et au Pérou, selon divers rapports des services de renseignement.
Le 3 février, lors d’une visite à San Salvador, Marco Rubio avait annoncé que M. Bukele avait offert d’accueillir des détenus envoyés par Washington, dont des membres du Tren de Aragua et du MS-13.
Le Cecot est la prison de haute sécurité que le gouvernement du président Bukele a inaugurée fin janvier 2023 pour incarcérer les membres de gangs arrêtés dans le cadre de sa « guerre » contre ces groupes criminels lancée il y a presque trois ans. Destinée à recevoir jusqu’à 40.000 prisonniers, elle est située dans une zone rurale, à 75 km au sud-est de la capitale San Salvador.
Trois pays d’Amérique centrale – le Guatemala, le Panama et le Costa Rica – ont accepté d’accueillir des migrants expulsés par Washington, mais le Salvador est le seul à accepter les détenus.
