Les garde-frontières américains ont arrêté six "migrants d'intérêt spécial" originaires du Maroc dans la ville…
Un rapport européen appelle à punir les Etats « hostiles », pas les migrants
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Stop aux murs et aux refoulements illégaux: les membres de l’UE peuvent s’appuyer sur le nouveau pacte des 27 pour empêcher l’instrumentalisation des migrants par les pays voisins, selon un rapport de l’Agence européenne des droits fondamentaux (FRA) publié mercredi.
« Au lieu de punir les réfugiés qui sont exploités à des fins politiques, les Etats de l’Union européenne doivent diriger leurs mesures contre les acteurs hostiles », estime la directrice de la FRA Sirpa Rautio.
Cette agence de l’UE basée à Vienne, en Autriche, s’est penchée sur la manière dont l’UE doit gérer l’afflux de migrants instrumentalisés par des gouvernements voulant déstabiliser le bloc.
Les Etats, rappelle-t-elle, ont l’obligation d’enregistrer les demandes, qui doivent être traitées individuellement et tenir compte des personnes aux besoins spécifiques.
Selon la FRA, les « migrants ignorent souvent qu’ils sont utilisés » et l’UE a les moyens de lutter contre cette « menace hybride » grâce à la législation dont elle s’est dotée.
Elle peut par exemple « restreindre les visas des personnes en provenance des pays orchestrant cette migration » ou « révoquer les licences d’entreprises de transport » trop laxistes.
Elle doit aussi « appliquer efficacement » et « dans les quelques semaines qui suivent » le retour des demandeurs d’asile déboutés, afin de rendre cette pression politique inopérante.
Le pacte sur la migration et l’asile, qui va entrer en vigueur mi-2026, devrait permettre d’accélérer les procédures. « C’est essentiel pour la crédibilité du système d’asile de l’UE », juge l’agence, alors qu’actuellement, moins de 20% des décisions d’expulsion sont suivies d’effet au sein du bloc.
La FRA estime que les droits fondamentaux sont mis en danger par la « militarisation » croissante de la frontière extérieure de l’UE, la gestion de la Défense relevant de la seule compétence des Etats, et tire un bilan sévère de la gestion par les Vingt-Sept des crises récentes.
La Pologne a par exemple adopté l’année dernière une législation permettant aux soldats et aux agents de police d’utiliser leur arme à feu à la frontière.
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En Grèce, 103 clandestins ont été condamnés à des peines de prison après avoir été incités par la Turquie à passer la frontière en 2020. Les procédures ont concerné « des mineurs non accompagnés » et ont mené à la « séparation de familles ».
L’état d’urgence est toujours appliqué par la Lituanie après l’orchestration par le Bélarus d’un afflux de personnes originaires d’Afrique et du Moyen-Orient fin 2021.
La loi de ce pays balte interdisant dans la foulée aux clandestins de déposer une demande d’asile et les plaçant automatiquement en rétention viole le droit européen, selon une décision de la Cour de justice de l’UE rendue en 2022.
En 2023 et 2024, 60 personnes sont mortes le long de la frontière de l’UE avec le Bélarus, notamment d’hypothermie, alors que les ONG d’aide aux migrants « font l’objet d’intimidations de la part des autorités ».
