A l'issue d’un processus de sélection mené par l’Union Africaine (UA), parmi un large panel…
Union africaine: pas d’avancées attendues au 39e sommet
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Les chefs d’Etat africains se réunissent ce week-end à Addis Abeba au 39e sommet annuel de l’Union africaine (UA), sans grand espoir de trouver des solutions aux conflits armés, coups d’Etat et autres élections truquées sur le continent.
L’organisation continentale, qui représente plus d’un milliard et demi de personnes et siège dans la capitale éthiopienne, est régulièrement pointée du doigt pour son impéritie et ses prises de position timorées.
La situation dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), le retour des violences au Soudan du Sud ou le Soudan, en proie à une guerre civile depuis près de trois ans et où l’ONU s’alarme de la « pire crise humanitaire du monde », devraient être au menu des discussions.
Mais aucune perspective de résolution de ces conflits ne semble émerger. « A l’heure où l’Union africaine est plus que jamais nécessaire, elle est sans doute la plus faible » depuis le début du siècle, pointe dans un rapport l’International Crisis Group (ICG). « Rien ne laisse présager que l’institution soit à la hauteur de la tâche », poursuit l’ONG.
Une situation nourrie par les défaillances démocratiques de nombre de ses membres.
Présidents à vie
Trois des chefs d’Etat au pouvoir depuis le plus longtemps dans le monde, hors monarchies, sont africains : Teodoro Obiang Nguema a pris les rênes en Guinée équatoriale en 1979, Paul Biya au Cameroun en 1982. Yoweri Museveni est à la tête de l’Ouganda depuis 1986. De nombreux autres présidents africains le sont depuis des décennies.
Une réalité importante à prendre en compte lorsque ceux-ci, par le biais de l’UA, doivent juger leurs pairs.
Depuis 2020, dix putschs ont été recensés en Afrique, dont deux ces derniers mois, à Madagascar et en Guinée-Bissau. Les deux pays ont été exclus par l’organisation continentale. Un coup d’Etat a été déjoué en décembre au Bénin.
Mais le Gabon et la Guinée, qui avaient été suspendus à la suite de putschs, ont été réintégrés dans les instances de l’UA après avoir organisé des scrutins présidentiels, en contradiction avec la charte africaine sur les élections, la démocratie et la gouvernance, qui dispose que les « auteurs de changements anticonstitutionnels de gouvernement » ne peuvent pas « participer aux élections organisées pour la restitution de l’ordre démocratique ».
Le président gabonais Brice Oligui Nguema et son homologue guinéen Mamadi Doumbouya, étaient à l’origine des coups d’Etat.
L’UA a également été critiquée pour avoir félicité les chefs d’Etat réélus, malgré des accusations de fraudes et d’intimidations des opposants émanant d’observateurs de l’organisation, comme en Tanzanie ou en Ouganda.
« La plupart des dirigeants du continent ne s’intéressent qu’à leurs problèmes internes. (…) Ils ne veulent d’ailleurs surtout pas que le conseil de paix et de sécurité de l’UA ne se mêle des sujets domestiques », explique à l’AFP Benjamin Augé, chercheur au centre Afrique de l’Institut français des relations internationales (Ifri).
Et selon lui, les président du continent manquent d' »ambitions panafricaines ».
Communication « déclamatoire »
Ce 39e sommet est le premier pour le président de la Commission, le Djiboutien Mahamoud Ali Youssouf, élu à ce poste il y a un an. Sa communication « est plus agressive » que celle de son prédécesseur Moussa Faki Mahamat, observe Benjamin Augé, même si elle « reste déclamatoire ».
Le président burundais Evariste Ndayishimiye, à la tête d’un pouvoir qualifié d’autocratique par ses opposants, prendra également ce week-end la présidence tournante de l’UA, un rôle honorifique, après le chef de l’Etat angolais João Lourenço.
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Les dirigeants africains discuteront également de l’accès à l’eau, sur un continent où se « trouvent la moitié des personnes qui boivent une eau provenant de sources non protégées », note l’ONU.
L’UA, qui dépend des financements étrangers pour son fonctionnement – quelque 64% des 700 millions de dollars de budget annuel -, est touchée par les coupes dans l’aide internationale, notamment des Etats-Unis et de l’Union européenne.
L’UA « opère dans un contexte mondial et budgétaire contraint », concède Nuur Mohamud Sheekh, porte-parole du président de la Commission, mais « reste opérationnelle », notamment sur les dossiers de « diplomatie préventive et de médiation ».
Les Nations unies, qui participent à plusieurs missions de maintien de la paix en Afrique – notamment en Centrafrique ou au Soudan du Sud – sont également confrontées à une baisse drastique de leurs budgets.
L’UA « ne peut plus compter sur l’ONU pour la médiation des conflits, ce qui est alarmant », assure à l’AFP Liesl Louw-Vaudran, chercheuse à l’ICG et spécialiste de l’institution. Elle « devra décider si elle comblera le vide, malgré le manque de moyens ».
