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CAN 2025: la DGSN déclare la guerre au marché noir, huit arrestations
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Alors que la ferveur de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 s’empare du Royaume, une autre compétition, bien moins glorieuse, se joue dans l’ombre des stades: celle du marché noir. Entre Agadir, Casablanca et Tanger, la DGSN a lancé une vaste offensive contre les réseaux de revente illégale. Bilan: huit interpellations et un avertissement clair adressé aux spéculateurs.
Comme à chaque grand événement sportif, la pénurie de billets alimente les circuits parallèles. Dès que les guichets affichent complet, les tickets réapparaissent à prix d’or. Mais pour cette CAN organisée à domicile, les autorités ont décidé de frapper fort. Le 22 décembre, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a annoncé l’arrestation de huit individus dans six villes (Agadir, Casablanca, Tanger, Oujda, Fès et Marrakech), tous soupçonnés d’être impliqués dans un trafic structuré de billets.
Loin de l’image folklorique des vendeurs à la sauvette devant les stades, c’est sur le terrain numérique que la bataille s’est engagée. Les suspects utilisaient les réseaux sociaux et des plateformes de vente entre particuliers pour écouler des billets authentiques à des tarifs prohibitifs. Ils profitaient ainsi de la détresse de supporters prêts à tout pour assister aux chocs des Lions de l’Atlas ou des Pharaons.
L’opération, minutieusement préparée par les services de la police judiciaire, a permis de saisir plusieurs dizaines de billets ainsi que d’importantes sommes d’argent en liquide, preuves d’un commerce déjà bien rodé. Les gardes à vue ont été ordonnées sous la supervision des parquets compétents, avec un objectif clair : remonter les filières pour comprendre comment ces individus ont pu constituer de tels stocks malgré les verrous de sécurité.
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Cette traque n’a rien d’anecdotique. Pour le Maroc, l’enjeu est double: garantir une accessibilité équitable aux tribunes et envoyer un signal de rigueur organisationnelle à la CAF ainsi qu’à l’opinion internationale. Alors que le Royaume peaufine son image d’hôte irréprochable en vue de 2030, laisser prospérer le marché noir reviendrait à accepter une forme d’anarchie sécuritaire et commerciale.
En frappant simultanément dans six villes, la DGSN affiche une réactivité géographique qui ne doit rien au hasard. L’objectif est de saturer l’espace pour décourager les vocations de dernière minute avant l’entame des phases finales, moment où la spéculation atteint généralement son paroxysme.
Une billetterie sous pression
Ces arrestations relancent toutefois une question sensible: comment des réseaux parviennent-ils encore à monopoliser des volumes importants de billets alors que les procédures de vente sont censées être nominatives et numérisées? Cette faille interroge sur l’efficacité des plateformes de la billetterie.
En attendant les conclusions de l’enquête, une certitude demeure: les huit suspects suivront la suite de la compétition derrière les barreaux.
