Le sélectionneur national, Walid Regragui, a affirmé, mardi à Rabat, que le match des demi-finales…
CAN 2025: comment la presse nigériane analyse la demi-finale face au Maroc
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A la veille de la demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 (CAN 2025), les médias nigérians décrivent la confrontation entre leur équipe nationale et celle du Maroc, pays hôte, comme un sommet continental mêlant rivalité historique, enjeux tactiques et pression mentale. Entre respect pour l’organisation marocaine, inquiétudes liées à l’absence du capitaine Wilfred Ndidi et rappels du passé, ces médias voient dans cette rencontre un test majeur pour les Super Eagles.
La demi-finale de la CAN entre le Maroc et le Nigeria fait couler beaucoup d’encre au Nigéria, où la presse voit dans cette affiche un match pour l’histoire, bien au-delà d’une simple qualification pour la finale. Dans une analyse approfondie, Premium Times inscrit cette demi-finale dans ce la « rivalité historique » entre les écoles de football d’Afrique du Nord et d’Afrique de l’Ouest. Le quotidien souligne que la présence du Maroc et du Nigeria en demi-finales, aux côtés de l’Égypte et du Sénégal, confirme la domination structurelle et organisationnelle de ces deux régions sur le football africain.
Selon le même média, le Maroc incarne aujourd’hui l’évolution moderne de l’école nord-africaine, fondée sur la rigueur tactique, la stabilité technique et une vision à long terme, notamment à travers l’investissement dans les catégories de jeunes. La rencontre est ainsi présentée comme l’affrontement de deux philosophies majeures qui ont façonné l’identité du football africain.
L’absence de Ndidi, une inquiétude majeure
De son côté, Vanguard adopte une approche plus factuelle en mettant l’accent sur un élément clé : l’absence du capitaine Wilfred Ndidi, suspendu pour cette demi-finale. Le quotidien estime que ce forfait représente un coup dur pour les Super Eagles face à un adversaire aussi structuré que le Maroc.
Ndidi est décrit comme un joueur essentiel à l’équilibre défensif et à la maîtrise du milieu de terrain, et son absence contraindra le staff technique nigérian à revoir ses choix tactiques dans un match considéré comme l’un des plus exigeants du tournoi. Le joueur nigérian était le seul sous la menace d’une suspension à avoir écopé d’un second avertissement, ce qui le rend toutefois éligible pour un éventuel retour en finale ou lors du match de classement.
Une grande affiche aux chiffres parlants
Pour Punch, cette demi-finale est la « grande affiche » du dernier carré. Le journal propose une lecture complète de la rencontre, mêlant historique des confrontations, statistiques et dynamiques actuelles. Il rappelle que le Nigeria vise un quatrième titre continental, tandis que le Maroc ambitionne de remporter sa première CAN depuis 1976, de surcroît à domicile et devant son public.
Sur le plan historique, le journal note que le Maroc domine les confrontations directes avec six victoires contre trois pour le Nigeria, en plus de deux matchs nuls. Il souligne également que la dernière confrontation en CAN remonte à 2004 et s’était soldée par une victoire marocaine. La rencontre de ce mercredi 14 janvier sera par ailleurs la deuxième demi-finale de CAN entre les deux sélections, après celle de 1980, remportée par le Nigeria.
Punch met aussi en avant la puissance offensive nigériane, notant que les Super Eagles ont inscrit au moins deux buts lors de chacun de leurs cinq matchs dans cette édition. En parallèle, le journal salue la solidité défensive du Maroc, qui a conservé sa cage inviolée à quatre reprises, sous la conduite du gardien Yassine Bounou.
Un test grandeur nature pour le Nigeria
Dans des déclarations accordées à l’agence de presse nigériane et largement reprises par les médias africains, l’ancien capitaine des Super Eagles Segun Odegbami a affiché un optimisme assumé, estimant que la confiance, la cohésion et le rythme offensif du Nigeria pourraient faire la différence.
« J’avais l’impression de revivre le 22 mars 1980. L’histoire résonnait bruyamment dans ma tête », a déclaré le vainqueur de la CAN 1980, en référence à la victoire nigériane lors de cette édition face à l’Algérie (3-0), alors considérée comme la meilleure équipe du continent. Il a rappelé comment le Nigeria avait dominé les Fennecs grâce à son intensité, sa discipline et un football offensif audacieux, ajoutant que « l’Algérie était abasourdie à l’époque, tout comme elle semblait à nouveau impuissante il y a deux jours ».
L’ancien ailier a salué l’autorité, la vitesse et la maîtrise collective affichées par les Super Eagles actuels face à l’Algérie, soulignant que les Fennecs n’avaient réellement inquiété le but nigérian qu’à partir de la 80e minute.
Celui que l’on surnommait « Mathématique » durant sa carrière a estimé que cette performance avait ravivé sa foi dans le football nigérian : « Ces Eagles ont réveillé mon esprit qui s’était essoufflé. Ils progressent match après match. »
Statistiques clés ressorties par la presse nigériane
Les deux équipes abordent le dernier carré invaincues. Le Nigeria a remporté ses cinq matchs dans ce tournoi, tandis que le Maroc a enregistré quatre victoires et un match nul.
Cette rencontre marque la sixième confrontation entre les deux nations en Coupe d’Afrique des Nations, les cinq précédentes ayant toutes abouti à un vainqueur. Il s’agit également et surtout de leur première opposition dans la compétition depuis 22 ans. La dernière, en 2004, s’était conclue par une victoire marocaine grâce à un but de Youssouf Hadji, servi par l’actuel sélectionneur national Walid Regragui à la 77e minute.
Ce sera également la deuxième demi-finale de CAN entre les deux sélections. La première, en 1980, avait été remportée par le Nigeria (1-0) grâce à un but de Felix Owolabi à la neuvième minute, avant que les Super Eagles ne décrochent leur premier titre continental.
Quatre des cinq précédentes confrontations en CAN ont eu lieu en phase de groupes, lors des éditions 1976 (deux matchs, deux victoires marocaines), 2000 et 2004. Leur toute première rencontre en CAN remonte à 1976, où le Maroc s’était imposé à deux reprises (3-1 et 2-1) en route vers son unique sacre continental.
Au total, le Nigeria et le Maroc se sont affrontés à onze reprises, avec un avantage global pour le Maroc, qui compte six victoires contre trois pour le Nigeria, et deux matchs nuls.
Dans l’ensemble, la presse nigériane s’accorde à considérer cette demi-finale face au Maroc comme un test majeur pour les Super Eagles, confrontés simultanément au poids de l’histoire, à l’absence d’un leader clé et à la solidité d’un adversaire perçu comme l’un des plus organisés du continent.
