Sur instructions du roi Mohammed VI, le Maroc va officiellement présenter sa candidature pour la…
Abderrahim Bourkia: «Le Mondial 2030 aura un impact majeur sur toute la société marocaine»
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La Coupe du monde de football est une occasion unique pour le Maroc de se mettre en valeur aux yeux de toute la planète. Dans cet entretien avec H24Info, Abderrahim Bourkia, sociologue du sport, écrivain, professeur à l’Institut des sciences du sport (I2S) de l’Université Hassan 1er de Settat, nous apporte son éclairage sur l’impact que pourrait avoir cet événement sur l’image du Royaume.
H24info: Pourquoi le Maroc insistait-il à organiser une Coupe du monde de football ?
Abderrahim Bourkia: La Coupe du monde est l’un des événements sportifs les plus regardés de la planète et s’avère un outil bien performant en communication pour tout pays. Elle aura également un impact majeur et direct sur toute la société marocaine au vu des retombées socio-économiques espérées. Déjà, le fait d’avoir la confiance de la plus haute autorité en matière de football est un gage que notre pays a les capacités de relever ce défi. Et la dynamique aurait des répercussions à court, moyen et long terme, sur le plan économique et social. A titre d’exemple, la création des opportunités d’emploi.
Quel impact pourrait avoir l’organisation d’un tel événement sur l’image du pays ?
En termes d’image, effectivement, le Mondial serait une parfaite stratégie de relation publique. L’importante couverture voudrait dire un nombre important de visiteurs, spectateurs et médias des quatre coins du monde qui vont ériger notre pays en musée à ciel ouvert, avec son lot de communication médiatique «à outrance», qui va dans tous les sens, la vente des droits de retransmission télévisée, les stratégies de marketing des différents protagonistes nationaux et internationaux…
Et il ne faut surtout pas oublier l’amélioration des différents services pour les visiteurs, à savoir la modernisation des stades, des principaux aéroports, l’amélioration des transports, des réseaux routier et ferroviaire, les hôpitaux, et les autres infrastructures qui serviront de moteur économique et permettront davantage d’associer le Maroc aux valeurs dites «positives» du sport, de qualité de vie qu’il a déjà eues avec la confiance de la plus haute autorité footballistique dans le monde.
Le Maroc se présentera comme une destination sportive digne de confiance pour organiser d’autres événements. Qui dit organiser une Coupe du monde dit une stratégie accompagnée d’investissements, notamment en termes d’aménagement et de développement urbains, inscrits dans la durée et qui regroupent les établissements touristiques, les espaces culturels et de loisirs, les centres sportifs, et la région de Benslimane est un site idéal pour tout cela. Et la liste n’est guère exhaustive, le pays regorge d’endroits au nord comme au sud pour être des lieux qui attirent touristes et investisseurs. Tout cela ne peut qu’avoir des retombées économiques et touristiques sur le Maroc qui, certainement, va être sollicité prochainement par de nouveaux partenaires potentiels, dans un contexte où le pays a lancé une nouvelle Charte de l’Investissement dont le but est d’attirer les investisseurs.
L’adhésion du Maroc à la candidature hispano-portugaise a été annoncée quelques semaines après la détente diplomatique entre Rabat et Madrid. Serait-ce la consécration d’une nouvelle phase des relations diplomatique entre les deux pays ?
Oui, effectivement. La vision royale demeure la force motrice de tout changement dans le pays et l’ambition de renouer avec l’Espagne et consolider sa position comme l’un des premiers partenaires côte-à-côte avec la France. D’ailleurs, la diplomatie sportive marocaine a été un élément clé dans l’établissement de relations internationales davantage solides avec de nombreux pays, surtout nos voisins du Nord qui étaient nos rivaux lors de l’historique Coupe du monde qatarie. Cela a favorisé la promotion de l’image du Maroc à l’échelle mondiale, capable de jouer d’égal à égal avec deux grandes nations du football et a contribué au rapprochement des deux monarchies.
Est-ce que le football, de façon générale, joue un rôle dans la diplomatie marocaine ces dernières années ?
Comme je l’ai déjà mentionné, l’organisation de la Coupe du monde serait un outil performant pour communiquer sur «Nous Marocain-e-s» en tant que nation qui aime ce sport roi, riche de son unité dans la diversité et de son positionnement géographique dans le pourtour méditerranéen, trait d’union entre nos terres africaines et qui s’ouvre sur l’Europe, et se positionner sur la carte sportive du monde et sur la planète football dans la mesure où ce dernier est devenu un instrument de «soft power» et un moyen pour rayonner sur la scène internationale.
Et la diplomatie sportive et footballistique contribue, surtout après la Coupe du monde au Qatar et l’historique médaille olympique, à la valorisation de l’identité nationale, la diversité culturelle et la capacité de la mobilisation de la population autour de la passion pour le football et de ses valeurs sportives inhérentes. Nous avons bien compris le potentiel du sport, et surtout le football, pour échanger davantage avec les pays de la région. Car il était temps de comprendre l’un des enjeux majeurs du sport en tant qu’outil puissant pour favoriser le dialogue et promouvoir la coopération. La passion pour le football n’est pas à démontrer, c’est un langage universel que l’on partage avec nos frères africains, ceux de la péninsule ibérique et ceux du monde entier.
