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Baisse du niveau de la Botola Pro: les analyses des experts Nassim El Kerf et Hamza Hachlaf
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Si au Maroc l’on parle du développement du football national, la Botola Pro semble mise de côté. Le niveau du football local n’évolue pas, bien au contraire, il régresse même depuis quelques années. Pour comprendre le phénomène, deux experts du ballon rond national, Nassim El Kerf et Hamza Hachlaf, nous livrent leur analyse au micro de H24Info.
Contrairement aux différentes catégories de nos équipes nationales, les clubs de la Botola sombrent. Depuis l’épopée des Lions de l’Atlas lors du Mondial 2022, de la CAN U-23 remportée par les Lionceaux ou le récent sacre de la CAN U17, pour ne citer qu’eux, car les succès sont nombreux, l’on conclut que le football marocain se développe. Mais est-ce vrai pour le football local aussi? Pourquoi le niveau baisse? Comment peut-on relever le “level” de notre championnat?
Malgré leur rivalité, parfois furieuse, les supporters des clubs du Royaume semblent d’accord, pour une fois, sur le fait que le niveau de la Botola Pro est en sérieuse baisse ces dernières années. Si chacun a sa version pour expliquer le phénomène, tous sont unanimes pour dire qu’on ne retrouve plus la qualité technique chez une bonne partie des joueurs tout comme le volet tactique qui laisse à désirer.
Pour en savoir plus, Nassim El Kerf, directeur de rédaction du média The10, et Hamza Hachlaf, journaliste et consultant, ont poussé l’analyse plus loin en répondant aux questions d’H24Info. Les deux experts expliquent cette baisse de régime du championnat locale en pointant la formation des plus jeunes joueurs, les finances des clubs, mais également les responsabilités de la Fédération royale marocaine de football (FRMF).
“Les clubs n’arrivent plus à gérer leurs dépenses et cela revient aux différents pépins financiers dont souffrent plusieurs clubs de la Botola. Ils ne récoltent que ce qu’ils ont semé à cause de la mauvaise gestion”, explique Nassim qui met tout de même la lumière sur un problème encore plus important qu’est la formation. Pour rappel, plusieurs écoles et académies de grands clubs de la première division sont “obsolètes”. De son côté, Hamza indique que ces dernières sont en faillite, et s’approvisionnent plus la Botola Pro de pépites.
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Il est vrai que l’on ne voit plus comme avant des jeunes joueurs de 17 ans évoluant avec l’équipe A des clubs. Pour Nassim, “on a brisé le rêve des jeunes à chaque fois et la responsabilité revient aux clubs et aux formateurs. Il n’y a plus aucune cohérence entre la formation et le recrutement, pire encore, seule une poignée de clubs ont des directeurs techniques qui gèrent ce volet”.
Parallèlement, le côté financier est mis désigné comme l’une des raisons principales de cet échec. À chaque début de saison, ainsi qu’à sa fin, la presse locale ne cesse de parler des situations financières des formations marocaines. Aujourd’hui, la majorité des clubs de première division titube dans ce sens. Certains se retrouvent au fond du gouffre, interdits de recrutement par la FIFA lors des fenêtres du mercato à cause de leurs litiges liés aux dettes. “Il y a des clubs qu’on retrouve en première division et on se demande ce qu’ils font là? Il y en a qui ont des dettes à hauteur de millions de dirhams. En plus, ces derniers se retrouvent souvent au milieu de tableau et ne concourent même pas pour les titres. Quelle est leur valeur ajoutée?”, se demande Hamza.
