Lors d’une première réunion du comité exécutif de la CAF tenue après l’assemblée générale, le président…
Foot: Mohammed VI, CAF, formation… Fouzi Lekjaa lève le voile sur les secrets du modèle marocain
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Entre vision royale, formation d’élite et diplomatie sportive assumée, le Maroc a bâti un modèle footballistique unique. Fouzi Lekjaa en expose les ressorts, démonte les accusations d’« influence » au sein de la CAF et rappelle que les succès du Royaume reposent avant tout sur le travail et la planification.
Porté par une vision royale structurée et près de deux décennies de planification, le football marocain s’est imposé comme un modèle de performance et de gouvernance. Depuis le Complexe Mohammed VI, Fouzi Lekjaa revient sur les fondations de cette réussite, réfute le mythe de «l’influence» marocaine en Afrique et détaille la stratégie qui a propulsé le Royaume au rang des nations les plus respectées du football mondial.
Interrogé dans une interview sur la dimension politique du succès du football marocain, Fouzi Lekjaa rappelle qu’il s’agit avant tout d’une vision stratégique impulsée par le Roi Mohammed VI dès 2008, lors des Assises nationales du sport. «Sa Majesté a tracé une feuille de route historique et précise pour la gestion sportive», souligne le président de la FRMF.
Le premier pilier de cette stratégie fut la création de l’Académie Mohammed VI de football en 2010. Elle a formé la colonne vertébrale des Lions de l’Atlas, à l’image de joueurs comme Nayef Aguerd et Azzedine Ounahi. Aujourd’hui, cette infrastructure s’est transformée en un centre d’excellence mondial: le Complexe Mohammed VI accueille 25 sélections nationales (masculines, féminines, futsal, beach soccer) et s’apprête à inaugurer une clinique du sport de pointe en partenariat avec la Fondation Mohammed VI des sciences de la santé.
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Pour Lekjaa, l’investissement massif dans le football dépasse largement le cadre du divertissement ou des 90 minutes d’un match. Il s’agit d’un projet de société destiné à la jeunesse marocaine. Concernant les 10.000 jeunes de moins de 17 ans intégrés chaque année dans les structures de formation du Royaume, le président de la FRMF est lucide: tous ne deviendront pas professionnels. En revanche, ils acquièrent des valeurs essentielles.
«Le football enseigne des valeurs indispensables à l’intégration sociale: le respect des lois, la vie en communauté et, surtout, l’acceptation de la défaite. Dans le commerce ou les études, on veut toujours gagner. Le sport est le seul espace qui vous apprend à accepter de perdre, parfois de manière cruelle à la 95e minute, et d’aller saluer le vainqueur. C’est cela que nous inculquons à notre jeunesse», insiste-t-il.
Pour les profils d’élite, l’impact immatériel est considérable. En devenant des icônes mondiales, des joueurs comme Achraf Hakimi génèrent une fierté nationale et offrent une vitrine exceptionnelle au pays, avec des retombées directes sur le tourisme et l’attractivité économique du Maroc.
CAF: Lekjaa rétablit les faits
Face aux accusations récurrentes de certains médias étrangers évoquant une mainmise marocaine sur la Confédération africaine de football (CAF), Fouzi Lekjaa se montre particulièrement clair, chiffres à l’appui. «De quelle influence parle-t-on? C’est une erreur colportée par les médias», martèle-t-il. «Le Maroc ne compte pas un seul fonctionnaire au sein de la CAF. Nous ne présidons aucune commission stratégique: ni les compétitions, ni la discipline, ni les appels, ni la formation. La seule que je préside est la Commission des finances, et cela est dû uniquement à mon parcours professionnel dans le secteur des finances.»
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Pour Lekjaa, la présence du Maroc au comité exécutif de la CAF n’est que la reconnaissance du rôle historique du Royaume, première nation du continent à atteindre le second tour d’un Mondial en 1986. Les succès récents — Coupe du monde au Qatar, performances des jeunes, des féminines ou du futsal — s’obtiennent sur le terrain, sous l’égide de la FIFA, là où l’influence de la CAF n’a aucune incidence.
Une main tendue vers l’Afrique
Loin de rechercher des privilèges, Fouzi Lekjaa rappelle que la politique sportive du Maroc s’inscrit dans la vision globale du Royaume: celle d’une coopération Sud-Sud solidaire. À travers le football, le Maroc applique la politique de la «main tendue» voulue par le Souverain, en partageant ses infrastructures, son expertise et son modèle de gouvernance avec les nations sœurs du continent.
Alors que le football mondial entre dans une nouvelle ère de professionnalisation, le message de Lekjaa est limpide: le succès du Maroc n’est ni le fruit du hasard ni celui d’une diplomatie de couloir, mais le résultat d’une planification rigoureuse menée depuis près de deux décennies.
