Mondiaux d’athlétisme: Jefferson-Wooden et Seville sacrés rois du sprint à Tokyo (vidéos)

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Mondiaux d'athlétisme : Jefferson-Wooden et Seville sur le toit du monde
© AFP

L’une avait terminé troisième au Jeux et voulait montrer qu’elle était la nouvelle reine du sprint, l’autre courait après son premier podium international depuis des années: Melissa Jefferson-Wooden et Oblique Seville ont remporté dimanche soir les 100 m des Mondiaux de Tokyo.

Au bout d’une soirée trépidante dans le stade olympique de Tokyo, plein à craquer avec 55.000 spectateurs massés dans des tribunes restées vides lors des Jeux il y a quatre ans, les deux athlètes ont été sacrés à sept minutes d’intervalle.

« En un clin d’oeil » 

Jefferson-Wooden a décroché sa médaille d’or la première, après 10 sec 61 d’une confrontation finalement pas aussi serrée que prévue avec la championne olympique Julien Alfred.

La sprinteuse de Sainte-Lucie, impressionnante en série comme en demies, termine seulement troisième (10.84), devancée par la jeune Jamaïcaine Tina Clayton (10.76), elle aussi stupéfiante.

Bien partie au couloir 4, Jefferson-Wooden a longtemps été au coude-à-coude avec Alfred, à sa droite, et Clayton, avant de se détacher dans les derniers mètres pour terminer dans un chrono canon qui fait d’elle la quatrième meilleure performeuse de l’histoire.

« Quand le départ a été donné, je me suis juste dit: +Allez, démarre fort+ et le reste de la course s’est passé en un clin d’oeil. Quand j’ai franchi la ligne, j’ai pensé: +Oh waouh, j’ai gagné+ », a apprécié Jefferson-Wooden.

« Je n’ai jamais été aussi heureuse. J’ai tellement hâte pour le 200 mètres maintenant », a ajouté la native de Georgetown en Caroline du Sud, qui vise un triplé à Tokyo avec le relais 4×100 m.

Jefferson-Wooden, révélée en 2022 en accédant à la finale des Mondiaux à Eugene (8e) grâce à sa victoire surprise aux sélections, est entraînée depuis fin 2023 en Floride par le sulfureux Dennis Mitchell, mêlé à plusieurs affaires de dopage.

Pour sa dernière course en individuelle, la légende de la piste Shelly-Ann Fraser-Pryce, 10 fois championne du monde, a terminé sixième à 38 ans dont près de vingt au plus haut niveau.

Seville devant les favoris

Après les femmes, les meilleurs sprinteurs du monde se positionnaient dans les starting-blocks pour une course de rêve.

La tension est montée d’un cran quand le champion olympique du 200 m, le Botswanais Letsile Tebogo, a été disqualifié pour faux départ.

Le second départ a été le bon. Et contrairement aux séries où il était resté bloqué dans les starts, échappant de peu à une élimination précoce, Seville a cette fois bondi.

Deuxième derrière son compatriote Kishane Thompson, il a réussi à doubler le vice-champion olympique à 10 mètres de l’arrivée.

Le natif de Saint-Thomas a terminé en 9 sec 77 (record personnel) devant le favori Thompson (9.82) et l’Américain Noah Lyles (9.89), champion olympique (2024) et du monde (2023).

En furie, Seville a déchiré son maillot à l’arrivée, avant de rugir de bonheur.

Le sprinteur au petit gabarit (1,70 m), annoncé depuis des années comme le successeur d’Usain Bolt, restait sur deux 4e places aux Mondiaux et avait terminé dernier de la finale des Jeux olympiques.

« Imaginez-vous : mes premiers JO (en 2021), je sors en demi-finale. L’année suivante aux Mondiaux, je fais quatrième, pareil l’année d’après. Et l’année dernière, je termine dernier de la finale des JO… Donc si je gagne à Tokyo, ce sera dingue », prévenait-il il y a quelques semaines.

L’ambiance était aussi folle dans les tribunes où le clan jamaïcain exultait, à commencer par Usain Bolt, heureux de s’être enfin trouvé un successeur, lui qui restait le dernier Jamaïcain à avoir remporté un 100 m en grands championnats (Rio-2016).

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