Conjoncture: entre fondements solides et commerce déficitaire, un premier trimestre contrasté

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Conjoncture commerce extérieur
Le Maroc affiche une conjoncture contrastée au S1

Malgré un contexte international marqué par le ralentissement de la croissance mondiale et les tensions géopolitiques, l’économie marocaine continue d’afficher des fondamentaux solides. Consommation, investissement, tourisme et financement bancaire demeurent bien orientés. En revanche, la dégradation du commerce extérieur vient tempérer cette dynamique. C’est ce qui ressort de la note de conjoncture numéro 353 de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF).

L’économie marocaine poursuit sa trajectoire de croissance, portée par une demande intérieure résiliente et une reprise de plusieurs secteurs clés. Selon la note de conjoncture de juillet publiée par la DEPF, la consommation des ménages bénéficie des mesures de soutien au pouvoir d’achat, d’une inflation maîtrisée ainsi que de l’amélioration des revenus, notamment en milieu rural. À fin juin, l’inflation ressort à seulement 0,4 %, contre 1,3 % un an auparavant, tandis que les crédits à la consommation progressent de 4,2 % et les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) de 8,8 %.

L’investissement reste également bien orienté. Les dépenses d’équipement du Budget général de l’État affichent une progression de 20,2 % à fin juin, soutenues par les grands projets structurants. Cette dynamique se reflète aussi dans la hausse des importations de biens d’équipement (+18,7 %) et dans l’accélération des crédits à l’équipement (+28,7 %), signes d’un maintien de l’effort d’investissement public et privé.

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Le secteur tertiaire confirme, pour sa part, son rôle de principal moteur de l’activité. Le tourisme poursuit sa consolidation avec 9,4 millions d’arrivées enregistrées à fin juin, en progression de 6 %, tandis que les recettes voyages augmentent de 14,6 % à fin mai. La bonne tenue du transport accompagne cette dynamique, avec une hausse de 8,8 % du trafic aérien passagers et une progression de 4,3 % du trafic portuaire.

Le secteur agricole retrouve également des couleurs. La valeur ajoutée agricole progresse de 18,4 % au premier trimestre, portée par une campagne céréalière nettement meilleure et par l’amélioration des autres productions végétales et de l’élevage. En revanche, l’industrie manufacturière, les mines et le bâtiment évoluent dans un contexte plus contrasté, avec notamment un recul de la production de phosphate brut et des ventes de ciment.

Conjoncture sous pression

Si plusieurs indicateurs témoignent d’une économie résiliente, le commerce extérieur demeure le principal point de fragilité. À fin mai, les exportations progressent de 5,8 %, grâce notamment aux performances de l’automobile (+15,9 %), de l’aéronautique (+14,2 %) et de l’agriculture et de l’agroalimentaire (+3,4 %).

Toutefois, cette évolution reste insuffisante pour compenser la forte progression des importations, qui augmentent de 11,8 %, tirées par la quasi-totalité des catégories de produits. Résultat : le déficit commercial se creuse de 20,8 %, tandis que le taux de couverture des importations par les exportations recule de 3,2 points, pour s’établir à 57,1 % à fin mai.

Les finances publiques affichent, en revanche, une évolution favorable. Le déficit budgétaire s’allège de 22,3 %, soit une baisse de 6,9 milliards de dirhams, grâce à une progression des recettes (+15,4 %) plus soutenue que celle des dépenses (+10,2 %). Dans le même temps, le financement de l’économie poursuit son accélération, avec une croissance des crédits bancaires de 9,9 % à fin mai, contre 4,4 % un an auparavant. Le marché boursier montre également des signes de redressement, les indices MASI et MASI 20 ayant effacé une partie de leurs pertes enregistrées au premier trimestre.

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À l’international, la DEPF rappelle que le Fonds monétaire international (FMI) anticipe un ralentissement de la croissance mondiale à 3 % en 2026, avant un rebond attendu en 2027, dans un contexte toujours marqué par les tensions géopolitiques et l’évolution des prix de l’énergie.

Au final, la photographie dressée par la DEPF est celle d’une économie marocaine dont les moteurs internes demeurent solides, grâce à la vigueur de la consommation, de l’investissement et des services. Mais la détérioration du commerce extérieur rappelle que le renforcement de la compétitivité des exportations et la maîtrise du déficit commercial resteront des enjeux majeurs pour consolider durablement cette dynamique de croissance.

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