L’économie mondiale affiche une croissance résiliente malgré les tensions géopolitiques, tandis que l’économie marocaine est…
Conjoncture : récolte céréalière record et économie marocaine résiliente
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La note de conjoncture N°351 publiée lundi par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) met en lumière une production céréalière estimée à 90 millions de quintaux, traduisant une solidité des fondamentaux de l’économie marocaine dans un environnement international marqué par ralentissements et incertitudes.
Selon les experts de la DEPF en charge de l’élaboration de ce document récapitulant la performance du Maroc sur les différents secteurs et agrégats économiques le mois écoulé, le secteur primaire a particulièrement profité de la pêche. Favorisée en cela par une pluviométrie abondante et un taux de remplissage des barrages supérieur à 75 %, la campagne agricole 2025‑2026 s’annonce exceptionnelle, avec une récolte céréalière de 90 millions de quintaux, soit plus du double de la campagne précédente. L’élevage et les autres cultures affichent également une amélioration notable, tandis que la pêche côtière et artisanale progresse de 5,3 % à fin avril.
Dans le tertiaire, la dynamique reste soutenue. Le tourisme enregistre +7 % d’arrivées, +10 % de nuitées et +23,5 % de recettes voyages à fin mars. Le transport accompagne cette tendance avec +11,1 % de passagers aériens et +4,3 % de trafic portuaire global. Les télécommunications poursuivent leur progression, avec une hausse de 1,5 % du parc mobile et de 3,1 % du parc internet.
Industrie contrastée, consommation soutenue
Toutefois le secteur secondaire évolue de manière plus nuancée. Le manufacturier reste solide, avec un taux d’utilisation des capacités de 77,7 % et une amélioration des exportations dans plusieurs branches. En revanche, le recul du secteur extractif (-2 % pour le phosphate brut), de l’énergie électrique (-0,8 %) et du BTP (-0,1 % pour les ventes de ciment) s’atténue mais demeure perceptible.
Parallèlement, la consommation des ménages bénéficie des mesures de soutien au pouvoir d’achat et de l’amélioration des revenus en milieu rural, dans un contexte d’inflation maîtrisée (+1,7 % en avril). Quant aux crédits à la consommation, ils progressent de 3,9 % et les transferts des MRE bondissent de 11,7 %. L’investissement pour sa part reste dynamique, porté par les grands chantiers et la hausse des dépenses d’équipement du Budget général (+24,9 %), confirmée par l’augmentation des importations de biens d’équipement (+24,7 %) et des crédits à l’équipement (+25,3 %).
Commerce extérieur et finances publiques sous tension
S’agissant du commerce extérieur et des exportations, il est enregistré une progression de 3,3 % à fin mars, tirées par l’automobile (+12,1 %), l’aéronautique (+12,6 %) et les extractions minières (+55,9 %). Mais les importations augmentent de 11,1 %, notamment en produits finis d’équipement (+24,7 %), produits finis de consommation (+14,6 %) et produits bruts (+42,2 %). Résultat, le déficit commercial s’élargit de 23,9 %, ramenant le taux de couverture à 58 %.
Sur le plan budgétaire, le déficit atteint 19,1 milliards de dirhams à fin avril, contre 17,5 milliards un an plus tôt, conséquence d’une hausse des dépenses (+7,7 %) légèrement supérieure à celle des recettes (+7,6 %). En matière de financement, les crédits au secteur non financier accélèrent (+6,3 %), aussi bien pour les sociétés non financières (+5,1 %) que pour les ménages (+3,4 %). La Bourse de Casablanca se redresse, avec un MASI en hausse de 8,3 % et un MASI 20 de 4,2 % à fin avril.
Pour terminer, cette dynamique intervient alors que le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale à 3,1 % pour 2026, et que la zone euro peine à dépasser 0,9 %. Ainsi, le Maroc se distingue grâce à la montée en force de son agriculture et l’expansion de son tourisme. Toutefois, l’élargissement du déficit commercial et la persistance des tensions internationales imposent une vigilance accrue pour consolider les équilibres macroéconomiques et maintenir la trajectoire de croissance.
