Feuille de route de l’emploi: les réserves de la Confédération marocaine des TPME

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Le président de la Confédération marocaine des TPE-PME, Abdellah El Fergui. © BO

La Confédération marocaine des très petites, petites et moyennes entreprises (CM-TPME) a exprimé ce mercredi de sérieuses réserves concernant la nouvelle feuille de route de l’emploi.

Dans un communiqué de presse pubiée ce mercredi, la Confédération marocaine des très petites, petites et moyennes entreprises (CM-TPME) fustige la démarche qui a présidé à l’élaboration de la nouvelle feuille de route de l’emploi et fait des recommandations pour la réussite de ce programme. «Nous sommes profondément préoccupés par la manière dont ce programme a été conçu (…) ainsi que par les critères de sélection des entreprises bénéficiaires et les mécanismes de distribution des fonds», indique d’emblée Abdellah El Fergui dans le communiqué.

Pour le président de la CM-TPME, l’exclusion de son organisation, qu’il estime être le «représentant légitime des Petites Entreprises au Maroc», lors de l’élaboration de cette feuille de route «est inacceptable, d’autant que les TPE-PME sont les principaux bénéficiaires de ce plan». 

Conséquemment au point susmentionné, Abdellah El Fergui et ses pairs, expriment des craintes d’instrumentalisation électoralistes de ce programme. «Nous redoutons que ce soutien aux TPE-PME ne soit utilisé à des fins politiques», note-t-il. Une situation qui, si elle était avérée, pourrait aboutir à un possible risque d’exclusion des TPME «non alignées».

La CM-TPME craint que «seules les entreprises proches des partis au pouvoir bénéficient du soutien, au détriment de celles qui critiquent les décisions du ministère en charge». Elle met en garde contre un scénario similaire à ce qui se serait «déjà produit avec le programme “Ana Moukawil“ , lancé il y a deux ans par le ministre de la petite entreprise Mr. Sekkouri en collaboration avec le patronat (CGEM) et l’absence de notre Confédération Marocaine des TPE-PME». Fergui s’interroge aujourd’hui sur les retombées de ce programme.

Entre revendications et recommandations

Comme gage d’assurance à ses préoccupations, la CM-TPME appelle le gouvernement, et plus particulièrement le ministère de tutelle, à l’«impliquer activement» dans l’exécution de cette nouvelle feuille. Elle invite également le ministère de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétence (MIEPEEC) à «clarifier les mécanismes d’attribution des aides, en veillant à ce qu’elles profitent aux TPME les plus fragiles (celles que les banques excluent des prêts à taux raisonnables)».

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Pour clore avec les revendications, El Fergui demande au ministre Younes Sekkouri de «garantir une répartition équitable et transparente, axée sur les besoins réels des entreprises, et non sur des intérêts partisans».

Le communiqué présente des recommandations clés pour garantir la réussite de ce nouveau programme: l’implication de la CM-TPME à chaque étape, des critères d’éligibilité transparents afin d’éviter tout détournement, un contrôle rigoureux incluant des rapports périodiques avec la participation de la société civile, une meilleure coordination interministérielle, la formation des entrepreneurs, notamment dans les régions reculées, et une simplification administrative pour surmonter les obstacles bureaucratiques.

Un Plan Marshall de l’emploi

Cette sortie de la CM-TPME fait suite à la feuille de route pour l’emploi dévoilée le 26 février dernier par le gouvernement. Doté d’un budget de 15 milliards de dirhams (MMDH), ce plan vise à réduire le taux de chômage à 9% d’ici 2030 et repose sur plusieurs axes stratégiques, notamment le soutien aux TPME, la simplification des démarches administratives et l’amélioration des programmes de formation et d’insertion professionnelle.

Parmi les mesures phares, on retrouve la création de 1,45 million d’emplois d’ici 2030, dont 422.500 dès 2025, ainsi que des initiatives pour encourager l’emploi des femmes et lutter contre le décrochage scolaire.

Les TPME y occupent une place centrale, avec une enveloppe dédiée de 12 milliards de dirhams, soit 80% du budget total. Cette allocation vise à stimuler l’investissement dans des projets compris entre 1 et 50 millions de dirhams, avec pour objectif de créer entre 35.000 et 40.000 emplois.

Pour ce faire, Youne Sekkouri et le gouvernement entendent accélérer la publication et le déploiement de la déclinaison PME de la charte de l’investissement. Présentée comme un levier stratégique, cette mesure devrait permettre de créer 350.000 emplois pérennes d’ici 2026. Par ailleurs, une enveloppe de 1 milliard de dirhams est prévue pour le monde rural afin d’atténuer les effets de la sécheresse, tandis que 2 milliards supplémentaires visent à renforcer les programmes d’emploi.

Ce Plan Marshall marocain de l’emploi a fixé huit axes d’intervention prioritaires, basés sur cinq axes stratégiques, allant de l’accompagnement des TPME à la généralisation de l’apprentissage, en passant par la réduction du décrochage scolaire et la promotion de l’activité des femmes. Quant à sa gouvernance, elle reposera sur un pilotage rigoureux assuré par un comité ministériel, une centralisation des données et une cellule de suivi opérationnel.

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