Mohamed Senhadji (MeM by CGEM): «L’IA est d’abord une transformation humaine»

Publié le
Mohamed Senhadji Hu-ma-shift
Mohamed Senhadji, président du Consortium Hu-ma-shift ©H24INFO

Marocain du monde installé en France, Mohamed Senhadji refuse de réduire l’intelligence artificielle (IA) à une simple affaire de technologies ou d’algorithmes. À ses yeux, la véritable révolution se joue ailleurs: dans la manière dont les individus, les organisations et les sociétés s’approprient ces nouveaux outils. Une conviction qui l’a conduit à créer Hu-Ma-Shift, un consortium spécialisé dans les impacts cognitifs de l’IA, dont il a récemment annoncé le lancement de sa déclinaison marocaine.

Président de Hu-Ma-Shift, Mohamed Senhadji travaille depuis plusieurs années sur les interactions entre l’humain et la machine. Son approche consiste à accompagner les organisations dans l’adoption de l’intelligence artificielle (UIA) en intégrant une dimension souvent négligée: les comportements humains, les biais cognitifs, les motivations individuelles et les dynamiques collectives. «L’IA n’est plus seulement un sujet technologique, c’est d’abord une transformation humaine», résume-t-il.

C’est dans cette logique qu’il a officialisé, à l’occasion de la 10e édition de VivaTech, organisée du 17 au 20 juin 2026 à Paris, le lancement de la filiale marocaine de Hu-Ma-Shift. Cette nouvelle structure entend accompagner le développement de l’IA dans le Royaume avec une approche centrée sur le capital humain. Pour Mohamed Senhadji, la relation entre l’homme et la machine dépasse largement les frontières européennes. «Le Maroc et l’Afrique ont une vraie opportunité de travailler sur ces dimensions humaines avant même de se concentrer sur les aspects purement technologiques», estime-t-il.

Observateur attentif de l’évolution du Royaume, qu’il visite plusieurs fois par an, notre interlocuteur se montre résolument optimiste. Il considère que le Maroc dispose aujourd’hui de nombreux atouts pour devenir un acteur de référence dans cette nouvelle économie portée par l’intelligence artificielle. «Je constate à chaque fois des bonds en avant», affirme-t-il, tout en soulignant que cette transformation ne pourra produire tous ses effets qu’à condition d’investir autant dans les compétences humaines que dans les capacités technologiques.

La souveraineté technologique passe d’abord par les femmes et les hommes

Pour Mohamed Senhadji, les débats sur la souveraineté technologique ne doivent pas être réduits à la seule maîtrise des infrastructures numériques. Avant d’être technologique, la souveraineté relève d’un choix politique et d’une vision de long terme. Le Maroc dispose déjà, selon lui, d’un socle solide de compétences. «Les outils existent, les ressources humaines aussi», observe-t-il. Même si tous les instruments ne sont pas encore réunis, il estime que le Royaume possède les moyens de construire progressivement sa propre souveraineté numérique.

Lire aussi. Nadia Filali: entre Paris et Rabat, une experte au service de la souveraineté numérique 

Cette confiance repose notamment sur la jeunesse marocaine, dont il salue la curiosité, l’audace et la capacité d’adaptation. À ses yeux, le défi consiste désormais à aller au-delà de la seule formation technique. Comprendre les mécanismes cognitifs, apprendre à collaborer avec l’intelligence artificielle et développer l’agilité mentale seront tout aussi déterminants que la maîtrise des outils numériques. «Ce n’est pas seulement une question technique, c’est aussi une dimension individuelle et sociale», insiste-t-il.

Saisir les opportunités

Très attaché à son pays d’origine, où il a vécu jusqu’à l’âge de 18 ans, Mohamed Senhadji  suit avec fierté les transformations engagées par le Royaume. Il estime même que, sur certains sujets, le Maroc fait preuve d’une capacité d’adaptation parfois supérieure à celle de plusieurs pays européens. «Nous saisissons les opportunités sans trop hésiter», relève-t-il, convaincu que cette dynamique constitue un avantage dans la révolution numérique actuelle.

Son engagement s’inscrit également dans les initiatives destinées à renforcer les liens entre les Marocains du monde (MRE) et leur pays d’origine. Saluant les actions menées par la division des Marocains entrepreneur du monde de la CGEM (MeM by CGEM), Mohamed Senhadji appelle à transformer ces réseaux en véritables leviers de coopération. «Nous voulons servir notre pays et notre continent. Les initiatives comme le MEM by CGEM créent des ponts entre la diaspora marocaine et son pays d’origine», fait-il remarquer.

Pour lui, il faut continuer à structurer ces passerelles et passer réellement à l’action. Une vision qui résume finalement son ambition: faire de l’IA un projet profondément humain, au service du développement du Maroc et de l’Afrique.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Mohamed Senhadji (MeM by CGEM): «L’IA est d’abord une transformation humaine»

S'ABONNER
Partager
S'abonner