CGEM: au-delà de la déferlante sur Abidjan, un changement de paradigme

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Othman El Ferdaous reçoit la délégation de la CGEM à Abidjan_PND 26-30 Côte d'Ivoire (2)
L'ambassadeur du Maroc en Côte d'Ivoire, Othman El Ferdaous, debout au centre à côté de Mehdi Tazi, recevant la délégation de la CGEM à sa résidence en Côte d'Ivoire. ©DR

Présente dans la capitale économique ivoirienne la semaine dernière, la Confédération générale des entreprises du Maroc a séduit tant par la très forte délégation qui a effectué le déplacement que par le discours retentissant de son président, à qui l’honneur d’une prise de parole a été accordé.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a fait feu de mille bois lors des dernières assises du Groupe consultatif pour le financement du Plan national de développement 2026-2030 (PND 26-30) de la Côte d’Ivoire. Le patronat marocain, qui répondait à une double invitation des autorités ivoiriennes, notamment du gouvernement, à travers le ministère du Plan et du Développement, et de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), a fait fort bonne impression.

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La première chose qui a sauté à l’oeil des hôtes ivoiriens a sans doute été le grand nombre de patrons ayant répondu à leur invitation. Quelque 261 personnes représentant une centaine d’entreprises, précisera Mehdi Tazi, président de la CGEM, dans son mot. Plusieurs secteurs d’activité étaient couverts, comme l’agroalimentaire, l’économie verte, le pharmaceutique, l’immobilier, la construction, l’éducation, la finance, le digital, le sport, etc.

Marée de la CGEM à Abidjan: Othman El Ferdaous à la manœuvre

Mehdi Tazi CGEM CGECI Ahmed Cissé
Mehdi Tazi (CGEM) et son pair ivoirien Ahmed Cissé de la CGECI. ©DR

Une véritable déferlante à laquelle Othman El Ferdaous, l’actuel ambassadeur du Maroc en poste dans la capitale économique ivoirienne, n’est pas étranger. Dans un message vidéo diffusé le 12 juin dernier lors des Industry Meeting Days tenus à Casablanca, le diplomate lançait solennellement une invitation à l’endroit du secteur privé de du Royaume pour venir massivement s’imprégner des opportunités d’investissement qu’offre le pays d’Alassane Ouattara.

« Je cite, pêle‑mêle : un projet de TGV estimé à 5 milliards d’euros (…) Près de 2 milliards d’euros seront consacrés à la réhabilitation et à la création de nouvelles zones logistiques et industrielles. À cela s’ajoute un effort considérable pour la mécanisation agricole« , avait-il détaillé.

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Lire aussi. Côte d’Ivoire: Mehdi Tazi souligne l’engagement du Maroc à soutenir le PND 2026-2030 et dynamiser l’intégration économique africaine 

El Ferdaous avait terminé en affirmant sa disponibilité à renseigner et assister dans les démarches et les prises de rendez-vous avec les décideurs ivoiriens. Un appel qui n’est manifestement pas tombé dans les oreilles de sourds au regard de la marée d’hommes d’affaires marocains qui ont fait le déplacement sur les bords de la lagune Ebrié.

Outre cette importante représentation qui, il faut le dire, illustre dans un même temps l’importance de la coopération africaine inscrite dans la nouvelle feuille de route de la CGEM, les propos tenus par Tazi ont été d’une singulière profondeur. Face aux autorités ivoiriennes, il a partagé quatre convictions fortes saluées par des salves d’applaudissements. Des convictons, dira-t-il, que partage également le secteur privé ivoirien.

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CGEM-CGECI: ces convictions partagées

Première d’entre elles: « l’infrastructure est un prérequis à tout développement ». Le patron des patrons marocain a fait un parallèle entre le développement infrastructurel remarqué du Port autonome d’Abidjan et la dynamique en cours du côté de Tanger Med. « Aucun développement, notamment industriel n’est possible si l’Etat n’a pas la clairvoyance d’investir bien en avance sur ces infrastructures« , a-t-il souligné, en parlant des ports, routes, ponts, TGV, etc.

Deuxième conviction: « la croissance n’est durable que si nous continuons d’augmenter la valeur ajoutée créée localement« . Là-dessus , Mehdi Tazi a évoqué comment le Maroc est passé de l’exportation de la roche brute de phosphate à un produit à forte valeur ajoutée. « Vous êtes leader mondial (du cacao, ndlr), nous devons avoir du chocolat ivoirien qui inonde les marchés mondiaux« , a-t-il lancé sous un tonnerre d’applaudissements.

Relancer le GI Maroc-Côte d’Ivoire

Dans cette même veine, le président de la CGEM a fait cas, sur l’avant-dernière de ses convictions partagées avec ses pairs ivoiriens, de la nécessité « que l’investissement [soit] tiré au deux tiers par le privé et à un tiers par l’État ». Norme OCDE, soulignera-t-il. « Enfin, la quatrième ambition que je voulais partager, c’est que pour que nos relations durent et profitent à nos économies, elles doivent être équilibrées« , a-t-il appelé, invitant les entreprises ivoiriennes à venir prendre des positions et des intérêts sur le marché marocain de la même manière que les entreprises marocaines prennent des positions et des intérêts au sein de l’économie ivoirienne.

Plus qu’un discours, cette adresse du président de la CGEM qui s’incruste parfaitement dans la vision de la coopération Sud-Sud prônée par le roi Mohammed VI a largement fait écho auprès des acteurs ivoiriens. Et pour ne pas que cela ressemble à des vœux pieux, il a enjoint son homologue Ahmed Cissé de la CGECI, à travailler mutuellement à la redynamisation du Groupe d’impulsion économique Maroc-Côte d’Ivoire, mis en place en 2015 par leur deux chefs d’Etat.

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Il apparait clairement que la mobilisation du patronat marocain pour le Groupe consultatif au financement du PND 26-30 ivoirien va bien au-delà de la simple intention de bonne foi, et devrait marquer une nouvelle ère dans les relations entre les deux pays, avec cette fois-ci un nouveau paradigme: celui de la co-création et de l’équilibre. Les jours à venir devraient traduire les auspices de ce nouveau paradigme.

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