Maroc: 40.000 TPME menacées de faillite en 2025, un rapport tire la sonnette d’alarme

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TPME IMPE Rachid Ouardighi
Rachid Ouardighi, président de l'Instance marocaine des très petites entreprises - IMPE

Présentée à Rabat le vendredi dernier, une étude conduite par l’Instance marocaine des très petites entreprises (IMPE) met en lumière les entraves persistantes qui freinent l’essor des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) sur le territoire national.

L’Instance marocaine des très petites entreprises (IMPE) a rendu publics, vendredi dernier à Rabat, les résultats d’une étude nationale inédite menée auprès d’un panel de 670 entreprises réparties sur l’ensemble du territoire. Selon les données recueillies, 48 % des entreprises sondées ont moins de trois ans d’existence, tandis que seulement 30 % dépassent le cap des cinq ans.

Cette situation est corroborée par l’explosion du nombre de défaillances, passées de 10 .500 en 2021 à plus de 33 .000 en 2024. Une situation déjà alarmante qui pourrait s’aggraver cette année où l’IMPE craint que quelque 40.000 entreprises mettent la clé sous le paillasson d’ici fin décembre. Pour l’instance, ce niveau de fragilité structurelle impose une reconfiguration urgente du cadre économique national.

Selon les auteurs de l’étude, les charges sociales figurent parmi les freins les plus récurrents. Selon les résultats de l’étude, 76 % des dirigeants interrogés estiment que la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et l’impôt sur le revenu ne tiennent pas compte de la réalité économique des très petites structures.

Par ailleurs, 74 % dénoncent un système fiscal peu incitatif, marqué par une complexité administrative décourageante, des prélèvements disproportionnés par rapport au chiffre d’affaires, et l’absence de mécanismes de modulation adaptés.

TPME : financement inaccessible et marchés verrouillés

L’IMPE tire également la sonnette d’alarme sur l’accès au crédit. Près de 90 % des entreprises étudiées signalent des difficultés majeures à obtenir des financements. Et ce, en raison des garanties exigées par les établissements bancaires. La moitié d’entre elles ignorent jusqu’à l’existence des programmes d’appui, preuve selon l’IMPE d’un défaut de communication institutionnelle manifeste.

Quant à l’accès aux marchés publics, il reste marginal. Selon l’enquête, 70 % des TPME n’ont jamais bénéficié d’un marché en dépit des quotas réglementaires en vigueur. Le commerce international demeure, lui aussi, hors de portée : 97 % des répondants n’ont jamais participé à un salon international soutenu par une structure publique.

Du point de vue de l’IMPE, la compétitivité des TPME est freinée par le manque de formation. Environ 52 % des entreprises sondées n’ont jamais bénéficié de programmes de renforcement des capacités, ce qui les prive d’une montée en compétence indispensable.

Lire aussi : Grand oral d’Akhannouch, «L’Etat doit revoir ses priorités envers les TPME», selon Abdellah El Fergui

Par ailleurs, 70 % des structures souffrent de retards de paiement, principalement de la part d’institutions publiques et de grandes entreprises. Plus de 80 % d’entre elles estiment que la concurrence du secteur informel fausse les règles du marché et menace directement leur pérennité.

L’IMPE annonce un réseau professionnel en construction

L’étude s’est appuyée sur les travaux de la journée parlementaire du 18 juin et les conclusions du premier Forum national des organisations professionnelles.

Pour Rachid Ouardighi, président de l’Instance, les recommandations issues de ce travail portent sur trois chantiers : simplification administrative, accompagnement et financement adapté. Il plaide pour la mise en place d’un interlocuteur unique, le paiement rapide des créances, la création de centres régionaux dédiés à l’accompagnement, et le développement d’un programme intégré « Pass-TPE » articulant financement, appui et mise en réseau.

En matière de financement, l’IMPE propose d’inciter les banques à adapter leur offre, d’affecter 30 % des marchés publics aux TPME, de protéger le produit national et de créer des plateformes numériques d’information ciblée.

La conférence tenue à Rabat a également été marquée par l’annonce de la création officielle du Réseau marocain des organisations professionnelles des TPME. Selon les déclarations du président de l’MPE, ce réseau vise à structurer un plaidoyer collectif, défendre les intérêts du secteur et mutualiser les efforts des différentes associations.

Pour l’IMPE, il s’agit d’un pas décisif vers une reconnaissance institutionnelle des très petites entreprises comme composantes essentielles du tissu économique et de l’emploi au Maroc.

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