Escobar du Sahara: nouvelles révélations de Latifa Raafat

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Ltifa Raâfat. DR

Le procès tentaculaire de l’«Escobar du Sahara» s’est poursuivi ce jeudi devant la chambre criminelle de première instance près la cour d’appel de Casablanca, avec le témoignage de la chanteuse marocaine Latifa Raâfat.

L’artiste a été appelée à témoigner dans l’affaire impliquant Abdenbi Bioui, ancien président du Conseil de la région de l’Oriental, et Saïd Naciri, ex-président du Wydad Athletic Club (WAC). Son intervention s’est concentrée sur son ex-mari, Ahmed Ben Brahim — surnommé «Escobar du Sahara» ou «Le Malien» —, avec qui elle a entretenu une relation marquée par des zones d’ombre et une union aussi brève que troublante.

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Raâfat a retracé sa rencontre avec Ben Brahim en 2013, dans le cadre d’un projet de concert. Refusant de se produire à son domicile, elle accepte finalement de chanter à Zagora lors d’un événement financé par l’homme d’affaires. Mais dès ce premier échange, un litige survient : sur les 200.000 dirhams convenus, elle n’en reçoit que 120.000.

Le mariage, célébré publiquement en présence des familles, n’a duré que quatre mois et dix jours. La chanteuse décrit un homme aux ressources opaques : détenteur d’un passeport diplomatique, propriétaire de sociétés et de véhicules de luxe, et proposant des biens immobiliers fastueux à Casablanca, dont la célèbre villa de Californie, aujourd’hui au cœur des soupçons.

Latifa Raâfat : « Je me suis souvent interrogée sur sa fortune »

Devant les juges, Raâfat a exprimé ses doutes sur l’origine des fonds de son ex-mari. Elle évoque une vie conjugale où l’argent était omniprésent surtout en liquide, avec des transactions floues et des montants non justifiés. Elle affirme avoir confronté le bras droit de Ben Brahim, estimant que ses activités relevaient du blanchiment d’argent, « une activité qui ne peut être liée qu’au trafic de drogue », selon ses propres mots rapportés par la presse.

Un détail a particulièrement retenu l’attention de la Cour: malgré sa prétendue richesse, Ben Brahim ne parvenait pas à payer les ouvriers chargés de rénover leur maison. Raâfat dit avoir été contrainte de continuer à chanter dans des soirées, notamment au Festival Mawazine, pour subvenir aux besoins du foyer.

Demande de confrontation avec Naciri

Au-delà des soupçons financiers, l’artiste a répondu aux accusations de Saïd Naciri, figure centrale du dossier. Elle affirme l’avoir rencontré à deux reprises à Rabat, et non à Casablanca comme il l’aurait prétendu. Elle demande désormais une confrontation directe avec lui devant le tribunal, l’accusant d’avoir «bafoué [sa] dignité». L’ex-président du WAC, Said Naciri avait, rappelons le, accusé Latifa Raâfat d’avoir tenu des propos «contradictoires» devant la police judiciaire.

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